En mission de suivi diplomatique, le Président du Sénat congolais, Jean-Michel Sama Lukonde, a rencontré son homologue français, Gérard Larcher, le 25 mars 2025, au Palais du Luxembourg. Portant le message du Président Félix Tshisekedi, il a plaidé pour la matérialisation des sanctions contre le Rwanda et ses supplétifs du M23/AFC, responsables de l’instabilité dans l’Est de la RDC. Entre gravité diplomatique, appel à l’action et renforcement des liens institutionnels, cette rencontre marque un temps fort de la solidarité parlementaire franco-congolaise.
En foulant le sol parisien mardi 25 mars 2025, Jean-Michel Sama Lukonde n’est pas un simple visiteur en mission officielle. Le Président du Sénat congolais porte une voix : celle d’un pays blessé, meurtri, mais debout. Il porte aussi une charge, celle que lui a confiée le Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, la veille, au cours d’un entretien qui a scellé les termes d’une mission de suivi diplomatique cruciale. À la tribune du Sénat français comme dans les salons feutrés du Palais du Luxembourg, Sama Lukonde assume ce mandat avec la gravité qu’impose l’heure.
Le cœur de cette mission s’ancre dans une réalité tragique : la guerre et la violation de l’intégrité territoriale dans l’Est de la RDC par l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23/AFC, dénoncées à plusieurs reprises sur les scènes internationale, régionale et bilatérale. Loin d’un discours creux, cette mission se veut le prolongement concret des efforts diplomatiques menés par la RDC, et une interpellation directe de ses partenaires sur la mise en œuvre des résolutions existantes, dont la fameuse résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Comme l’a rappelé M. Sama Lukonde, « c’est une mission qui s’inscrit dans l’accompagnement diplomatique à côté de celle de son Excellence Monsieur le Président de la République, son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo », dans une démarche de continuité et d’alerte face à « cette agression injuste que nous subissons du Rwanda et de ses supplétifs du M23 ».
Au Sénat français, la gravité de la situation n’a pas été minimisée. Gérard Larcher, Président de cette institution, a exprimé, lors des échanges, la solidarité de la France avec le peuple congolais. « La RDC connaît une situation humanitaire dramatique, du fait en particulier des tentatives de déstabilisation orchestrées dans l’Est de la RDC par le Rwanda et le M23 », a-t-il déclaré, avant de rappeler avec force que « la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC ne sont pas négociables ». En ces temps de tergiversations géopolitiques, cet engagement sans équivoque mérite d’être salué.
Les échanges entre les deux Présidents de Sénat n’ont pas seulement porté sur des constats. Ils ont également évoqué les perspectives d’action concrète. « Nous sommes revenus sur la demande de l’appui que nous devons recevoir de tous nos partenaires pour que nous allions dans la matérialisation des sanctions qui sont édictées. Nous pensons que c’est l’une des voies qui va nous permettre d’arriver à la résolution de ce conflit », a souligné Sama Lukonde. En évoquant l’Union africaine, la SADC, l’EAC, l’ONU et l’Union européenne comme piliers d’un soutien attendu, le Président du Sénat congolais rappelle que l’inaction équivaut ici à une complicité tacite.
Mais cette mission à Paris ne se limite pas à la seule dénonciation ou au rappel des résolutions passées. Elle s’inscrit aussi dans une logique de renforcement des liens institutionnels. « Nous avons longuement échangé sur cela et nous sommes allés au-delà de ces échanges en parlant aussi de la coopération qui doit régner entre nos deux institutions et d’un accord que nous allons formaliser », a ajouté M. Sama Lukonde. Une diplomatie parlementaire agissante, donc, qui conjugue solidarité politique, responsabilité historique et réciprocité institutionnelle.
Accompagné de figures clés telles que les présidents des commissions sénatoriales congolaises, Christophe Lutundula (Relations extérieures) et José Mpanda (Défense, Sécurité et Frontières), ainsi que du président du groupe d’amitié France–Afrique centrale, Guillaume Chevrollier, et de son collègue Francis Szpiner, président délégué pour la RDC, le Président du Sénat a su rallier à sa cause l’écoute attentive et bienveillante de ses interlocuteurs français.
Et dans une parole qui touche autant le symbole que le réel, M. Sama Lukonde a tenu à saluer « les efforts qu’il [le Président de la République] n’a cessé d’entreprendre jusqu’aujourd’hui nous permettant d’avoir des résultats, tant sur la reconnaissance des véritables acteurs négatifs sur le terrain […] que sur des sanctions qui s’en sont suivies ». C’est dans cette même continuité que s’inscrit le plaidoyer qu’il portera aussi en Belgique.
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