Lors de la 37ᵉ réunion du Conseil des ministres présidée par Félix Tshisekedi, le besoin pressant de finaliser le cadre normatif complémentaire relatif à la justice transitionnelle a été remis au centre des priorités nationales. Une interpellation forte, à la hauteur des attentes d’un peuple en quête de vérité, de réparation et de réconciliation durable.
Il ne s’agit plus de tergiverser. La justice transitionnelle, en République démocratique du Congo, ne saurait demeurer un slogan ni un vœu pieux suspendu dans l’attente de jours meilleurs. Vendredi dernier, au cours de la 37ᵉ réunion du Conseil des ministres, le Président Félix Tshisekedi a élevé cette exigence au rang d’urgence nationale. En appelant à la finalisation du cadre normatif complémentaire, il a rappelé à la conscience collective – gouvernementale et institutionnelle – que la paix durable ne peut s’enraciner sans vérité, sans justice, et sans mémoire réparatrice.
Depuis des décennies, la RDC porte les stigmates d’un enchevêtrement de conflits, de violences structurelles et de violations massives des droits humains. L’impunité chronique, alimentée par l’absence de mécanismes adéquats de justice transitionnelle, a nourri le cycle des représailles et le sentiment d’abandon chez les victimes. Il est dès lors salutaire – et profondément symbolique – que le Chef de l’État, dans sa fonction de garant de la nation, place cette problématique au cœur des réformes attendues.
La justice transitionnelle n’est pas un luxe. Elle est un passage obligé pour toute société qui aspire à tourner la page des traumatismes collectifs sans les effacer. Vérité sur les faits, identification des responsabilités, réparations aux victimes, garanties de non-répétition : ce sont là les piliers d’un processus rigoureux qui ne peut prendre forme sans un arsenal juridique clair, cohérent, et conforme aux standards internationaux.
Il est donc temps que le gouvernement aille au bout de son engagement. La Commission vérité, justice et réconciliation, déjà évoquée dans les plans antérieurs, ne pourra fonctionner sans base légale solide. L’absence de textes complémentaires retarde l’opérationnalisation de cette architecture de justice post-conflit et contribue à la frustration des communautés meurtries.
En réaffirmant sa volonté politique de faire avancer ce chantier, le Président Tshisekedi trace un cap. Il appartient désormais aux ministres concernés – Justice, Droits humains, Relations avec le Parlement – de transformer cette impulsion présidentielle en actes législatifs concrets. La dignité des victimes, la cohésion nationale, et la stabilité institutionnelle en dépendent.
La RDC ne peut prétendre à un avenir apaisé sans se réconcilier honnêtement avec son passé. Et cette réconciliation ne se décrète pas : elle s’organise, elle se construit, elle se légifère. Le cadre normatif complémentaire sur la justice transitionnelle est cette pierre manquante dans l’édifice d’une paix authentique. Il est urgent qu’elle soit posée.
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