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Kinshasa
8 décembre, 2025 - 01:19:54
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Félix Tshisekedi exhorte les magistrats à « restaurer la confiance du peuple »

Le président de la République, Félix Tshisekedi, a ouvert, lundi 7 avril, les travaux de la session ordinaire de l’Assemblée générale du Conseil supérieur de la magistrature, en appelant les magistrats congolais à œuvrer pour une justice intègre, indépendante et véritablement au service du peuple. S’exprimant dans la salle d’audience Marcel Lihau de la Cour de cassation, le chef de l’État a réaffirmé son engagement pour l’État de droit, salué en retour par le président du Conseil supérieur de la magistrature, Dieudonné Kamuleta, qui a vu dans sa présence « un encouragement majeur » pour l’ensemble du pouvoir judiciaire.

Dans la salle d’audience Marcel Lihau de la Cour de cassation, à Kinshasa, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a présidé lundi 7 avril la cérémonie d’ouverture de la session ordinaire de l’Assemblée générale du Conseil supérieur de la magistrature. Dans son allocution pleine d’espoir, le chef de l’État a invité l’appareil judiciaire à « faire preuve d’intégrité et d’indépendance » pour garantir une justice réellement au service du peuple.

« En ce jour solennel, je m’adresse à vous en ma qualité de magistrat suprême, animé par le devoir et la responsabilité, avec gravité mais aussi avec espoir », a-t-il déclaré en ouverture. Le Président a insisté sur l’importance de ce rendez-vous, qualifié d’« étape déterminante dans notre combat commun pour une justice équitable, intègre et indépendante ».

Bilan et exigences de réforme

Revenant sur ses précédentes interventions, Félix Tshisekedi a rappelé son engagement constant pour une réforme profonde de la magistrature. « Le 15 juillet 2023, à l’occasion de la clôture de la session extraordinaire du Conseil supérieur de la magistrature, j’avais déjà souligné la nécessité de refonder notre justice sur des bases solides », a-t-il martelé.

Constatant que « trop souvent, les citoyens doutent de la capacité de notre justice à dire le droit », le Président a appelé à une mobilisation générale : « Il nous faut restaurer la confiance du peuple, car sans cette confiance, aucune nation ne peut véritablement se bâtir sur l’État de droit. »

Lutte contre la corruption et indépendance du pouvoir judiciaire

L’un des axes centraux de son discours a porté sur la lutte contre la corruption, qu’il a qualifiée de « poison qui gangrène notre société et sape l’autorité de l’État ». Il a exhorté les magistrats à « refuser toute compromission » et à « rendre des décisions dictées par la seule loi, dans le strict respect de leur serment ». « L’indépendance du pouvoir judiciaire n’est pas un slogan, c’est un devoir sacré », a-t-il poursuivi, insistant sur le fait que cette indépendance devait être « vécue au quotidien par chacun d’entre vous, dans l’exercice de vos hautes fonctions ».

Félix Tshisekedi n’a pas manqué d’appeler au sursaut patriotique : « Nous devons placer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de toute considération personnelle. Être magistrat, c’est porter en soi une part de la souveraineté de l’État. » Il a également souligné que la responsabilité du renouveau de la justice ne reposait pas uniquement sur les épaules des magistrats : « Elle est aussi celle du gouvernement, qui doit garantir les moyens nécessaires au bon fonctionnement de la justice, et celle du peuple, qui doit comprendre que le respect de la loi est un devoir citoyen. »

Dans un ton solennel, le chef de l’État a lancé un appel vibrant : « Engageons-nous ensemble à bâtir une justice qui élève la nation, une justice qui protège les faibles, une justice qui inspire le respect et non la crainte. » Et de conclure dans un message empreint d’espérance : « L’histoire retiendra celles et ceux d’entre vous qui auront, dans l’adversité, choisi l’honneur, la droiture et le service de la République. »

Dieudonné Kamuleta : « L’attention du chef de l’État, un encouragement majeur pour la justice congolaise »

Avant l’allocution du Président de la République, Dieudonné Kamuleta, président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), a pris la parole pour saluer « un geste hautement symbolique ». « La cérémonie de ce jour revêt une grande importance dans la cristallisation de l’État de droit », a-t-il déclaré d’emblée, mettant en exergue le caractère exceptionnel de la présence du magistrat suprême.

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Dieudonné Kamuleta

Il a poursuivi en soulignant « l’honneur » que cette présence conférait au pouvoir judiciaire, avant d’exprimer « la gratitude de tout le Conseil supérieur de la magistrature ». « L’attention constante du chef de l’État est perçue comme un encouragement majeur dans l’œuvre de redressement et de professionnalisation de notre justice », a insisté Dieudonné Kamuleta, appelant ses pairs à « se montrer dignes de cette marque de confiance ».

Dans la foulée, Dieudonné Kamuleta a rappelé la composition de l’Assemblée générale de la magistrature ainsi que ses prérogatives fondamentales, notamment la gestion de la carrière des magistrats et la garantie de l’indépendance de l’autorité judiciaire. Cette session ordinaire, qui réunit l’ensemble des chefs de juridictions et des parquets, vise à examiner le fonctionnement de la magistrature, à proposer des réformes et à dresser un état des lieux des défis à relever.

Ainsi, le président du Conseil supérieur de la magistrature a mis en lumière les avancées obtenues sous le mandat actuel, tout en appelant à la consolidation des acquis : le renforcement de la discipline au sein des juridictions, l’amélioration des conditions de travail des magistrats et la lutte contre la corruption restent, selon lui, des priorités majeures pour crédibiliser l’appareil judiciaire aux yeux des citoyens.

Selon lui, l’indépendance de la magistrature ne saurait être effective sans le soutien constant des autorités politiques. Il a exhorté l’ensemble des magistrats à faire preuve d’éthique, de compétence et d’impartialité, afin de mériter la confiance du peuple congolais.

La session ordinaire de l’Assemblée générale de la magistrature s’étendra sur plusieurs jours, avec, à l’agenda, l’examen des dossiers disciplinaires, l’évaluation des besoins en ressources humaines et matérielles, ainsi que la formulation de recommandations à l’intention des pouvoirs publics.

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