En visite officielle à Dubaï, jeudi 10 avril, la Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a obtenu un engagement décisif du géant portuaire DP World, troisième opérateur mondial du secteur, qui a confirmé sa volonté de livrer dès 2026 le port en eau profonde de Banana, un projet stratégique pour l’avenir économique du pays. Cette promesse ferme, arrachée au terme de discussions soutenues, marque un tournant : pour la RDC, longtemps privée d’un accès maritime de grande envergure, il s’agit d’un pas déterminant vers l’intégration régionale et la diversification de ses échanges internationaux. Face aux retards chroniques et aux doutes qui planaient sur le calendrier initial, la mobilisation directe du gouvernement, portée par la Première ministre elle-même, envoie un signal clair : celui d’un État qui reprend la main sur ses projets d’infrastructure et impose un rythme nouveau à ses partenaires. Dans ce bras de fer discret, Kinshasa affirme son ambition de s’ériger en acteur incontournable des flux commerciaux africains.
La Première ministre Judith Suminwa Tuluka s’est rendue jeudi 10 avril à Dubaï pour rencontrer les dirigeants de DP World, troisième plus grand opérateur portuaire mondial. Ce rendez-vous important visait à accélérer la livraison du port en eau profonde de Banana, un projet stratégique pour la République démocratique du Congo.
Dans un contexte de relance économique et de diversification des partenariats internationaux, Judith Suminwa Tuluka a choisi d’imprimer sa marque dès les premiers mois de son mandat. À Dubaï, la cheffe du gouvernement a échangé avec Sultan Ahmed bin Sulayem, président-directeur général de DP World, autour de l’état d’avancement du projet de port de Banana, situé à l’extrême ouest du pays, sur les rives de l’Atlantique.
Le port en eau profonde de Banana, dont la première pierre a été posée en janvier 2022, est considéré comme un levier majeur pour désenclaver l’économie congolaise. Il doit permettre à la RDC de disposer d’une infrastructure moderne capable d’accueillir des navires de grande capacité, réduisant ainsi la dépendance vis-à-vis des ports voisins, notamment celui de Pointe-Noire au Congo-Brazzaville.
À l’issue de la rencontre, la Première ministre a tenu à rappeler les ambitions portées par les autorités congolaises : « Ce qui était important, c’est de montrer que la République démocratique du Congo, le Président de la République à travers le Gouvernement, sont vraiment en position de vouloir voir aboutir ce projet du port en eau profonde de Banana. Et c’était important pour moi de pouvoir rencontrer les responsables de premier ordre de DP World, pour discuter avec eux de l’évolution des choses et montrer que nous, au niveau de la RDC, aujourd’hui, nous sommes en position de pouvoir pleinement accompagner ce projet. Et ils m’ont promis que si tout va bien, dans l’ordre établi, on pourra avoir les premiers navires dès l’année prochaine, 2026. Et donc, nous allons travailler ensemble pour s’assurer que cela puisse se faire de manière correcte », a déclaré la Première ministre.
DP World, qui a signé un accord avec le Gouvernement congolais en décembre 2021, est en train d’aménager un quai initial de 700 mètres au port de Banana, capable d’accueillir les plus grands navires en activité. Le port, qui sera doté des technologies les plus récentes, aura une capacité de manutention de 450 000 équivalent vingt pieds (EVP) par an.


