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13 mai, 2026 - 19:15:00
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Inondations à Kinshasa : réunion de crise autour de Tshisekedi, l’urbanisme illégal dans le viseur

Alors que Kinshasa panse les plaies laissées par les pluies torrentielles du début avril, le pouvoir exécutif congolais se retrouve confronté à une urgence à double tranchant : répondre à la détresse immédiate de milliers de sinistrés, tout en engageant une réforme de fond de la gouvernance urbaine. La réunion de crise convoquée par le président Félix Tshisekedi, mardi 15 avril, sonne comme un moment de vérité pour un État trop souvent pris de court par des catastrophes pourtant annoncées. Car si les intempéries relèvent de l’imprévisible, leur impact dévastateur est, lui, largement amplifié par des années d’urbanisation anarchique, d’inaction administrative et de laxisme politique. Le temps des bilans est passé ; celui des décisions s’impose. Les Congolais attendent autre chose que des promesses : ils veulent des actes, une volonté claire, et une justice égale face aux responsabilités.

Face à l’ampleur des dégâts causés par les inondations survenues début avril dans la capitale congolaise, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a présidé mardi 15 avril, à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, une réunion de crise avec des membres du gouvernement central et provincial, ainsi que les autorités de la ville. L’objectif : évaluer la situation humanitaire et coordonner la réponse d’urgence de l’État.

« Nous venons de terminer une très longue séance de travail avec le président de la République, qui a duré près de deux heures et demie », a rapporté Patrick Muyaya, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. « Il s’agissait de faire le point sur la situation, particulièrement celle des sinistrés, après les pluies diluviennes du 4 et 5 avril. »

Selon le dernier bilan communiqué, 75 personnes ont perdu la vie et plus de 11 000 ont été déplacées. « Ils sont aujourd’hui hébergés sur quatre sites d’accueil », a précisé le ministre. Une cellule de crise, mise en place dès les premiers jours par le ministère de l’Intérieur, continue de suivre l’évolution de la situation, en coordination étroite avec les autorités de Kinshasa.

Lundi, cette cellule s’est réunie autour de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, afin de dresser un état des besoins prioritaires. « Tous les secteurs concernés — affaires foncières, aménagement du territoire, urbanisme, transports, gouvernorat de Kinshasa — étaient représentés pour définir les actions à mener à court, moyen et long terme », a expliqué M. Muyaya.

Mais au-delà de la gestion immédiate de la crise, le gouvernement entend désormais s’attaquer aux causes profondes. « On ne peut pas accuser uniquement les catastrophes naturelles ou les pluies. Il y a une grosse part de responsabilité humaine dans ce qui s’est passé », a-t-il insisté. Parmi les mesures envisagées : la démolition de toutes les infrastructures construites dans les zones non aedificandi.

Des décisions qualifiées de « dures » par le porte-parole du gouvernement, mais jugées nécessaires. « Il y aura des mesures fortes, claires, et elles seront appliquées sans exception », a averti Patrick Muyaya. « Le président de la République s’est porté garant : il n’y aura pas de protection politique, ni de privilèges. Peu importe le rang ou le statut des concernés. »

Les premières annonces officielles sont attendues dans les jours à venir. La commission technique chargée du dossier poursuit ses travaux.

Pitshou Mulumba

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