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9 juin, 2026 - 00:20:09
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Le retour par la porte de l’ennemi, Joseph Kabila : L’acte ultime de trahison

Le 18 avril 2025, dans une République démocratique du Congo meurtrie par la guerre à l’Est, Joseph Kabila a choisi de reparaître à Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, aujourd’hui en partie occupée par les forces du M23 et leurs alliés rwandais. Ce retour surprise, sans un mot pour les victimes, sans condamnation de l’agression, a provoqué un séisme politique. Moins de vingt-quatre heures plus tard, le gouvernement congolais a réagi avec une rare fermeté : poursuites pour haute trahison engagées par le ministre de la Justice, suspension des activités du PPRD, saisie des biens, etc., et signalement à la Cour constitutionnelle. L’ancien président est désormais accusé de complicité avec une force hostile, en violation flagrante de la loi de 2018 qui lui impose réserve, loyauté et patriotisme. Ce geste, perçu comme une provocation en temps de guerre, soulève une question vertigineuse : jusqu’où peut aller la trahison d’un homme d’État ? À Goma, ville martyre, Kabila n’a pas seulement foulé le sol d’un territoire meurtri. Il a, pour beaucoup, traversé la frontière invisible entre silence coupable et alliance assumée. La République, elle, vacille, mais choisit de se battre.

Vendredi 18 avril 2025, dans une République démocratique du Congo sous le choc, une annonce a ravivé les douleurs, ranimé les colères et fait trembler les fondements mêmes de l’unité nationale. Joseph Kabila Kabange, ancien président de la République et sénateur à vie, a foulé le sol congolais par la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, assiégée depuis plusieurs mois par les forces du M23 et leurs alliés rwandais.

Ce retour a tout l’apparence d’un acte de défiance, d’une provocation, voire, pour certains observateurs, d’une trahison politique en temps de guerre. Moins de vingt-quatre heures plus tard, les plus hautes autorités de l’État ont réagi avec une fermeté inhabituelle.

Une indignation gouvernementale unanime

Dans un communiqué officiel rendu public le samedi 19 avril, le ministre de la Justice et garde des Sceaux a annoncé avoir donné injonction à l’Auditeur général des FARDC ainsi qu’au procureur général près la Cour de cassation d’engager des poursuites judiciaires contre Joseph Kabila et les cadres de son ancienne plateforme politique, le Front Commun pour le Congo (FCC), dont le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) constitue l’épine dorsale.

Motif : participation directe à « l’agression menée par le Rwanda à travers le mouvement terroriste AFC/M23 ». Le terme est lourd, les accusations gravissimes : il est question de « haute trahison envers la Nation ». Le communiqué précise également que la saisie de tous les biens mobiliers et immobiliers des personnes impliquées est exigée, de même que des mesures de restriction de mouvement.

Quelques heures plus tard, le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières publiait à son tour un texte sans ambiguïté, dénonçant « l’attitude ambigüe » de l’ancien président face à l’occupation du territoire congolais par « l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23/AFC ». Plus encore, les activités du PPRD ont été suspendues sur l’ensemble du territoire national, et un signalement a été adressé au parquet près la Cour constitutionnelle.

Jamais depuis la fin de la transition politique en 2006, un ancien président congolais n’avait été publiquement accusé par son propre gouvernement d’intelligence avec l’ennemi.

Goma, ville meurtrie, décor d’une provocation

Dans les rues de Goma, la sidération se mêle à la colère. Depuis le début de l’offensive du M23, la région vit sous le joug d’une occupation brutale. Des rapports accablants documentent les massacres de civils, les viols systématiques, les enrôlements forcés et les déplacements massifs de population. Près de deux millions de Congolais ont fui les combats, entassés dans des camps de fortune sans eau, ni nourriture, ni soins.

C’est dans ce contexte d’extrême vulnérabilité que l’ancien président a choisi de revenir, sans condamnation des atrocités, sans déclaration publique de solidarité, sans même une visite symbolique aux victimes. Pis encore, plusieurs sources sécuritaires indiquent que sa sécurité serait assurée par les forces qui tiennent aujourd’hui une partie du Nord-Kivu, celles-là mêmes que l’État congolais qualifie de forces d’agression.
Pour le gouvernement, cela ne fait plus aucun doute : Joseph Kabila aurait franchi une ligne rouge. Celle qui sépare la réserve du déshonneur, l’opposition politique du pacte avec l’ennemi.

Une mémoire encombrante

Durant ses 18 années à la tête de l’État, Joseph Kabila s’est présenté comme l’homme de la stabilité, celui qui a réconcilié un pays morcelé et permis les premières élections démocratiques. Mais son héritage reste profondément contesté. Son mandat fut marqué par la répression des opposants, des soupçons persistants de corruption, et une gestion trouble de la guerre à l’Est du pays.

En 2012 déjà, lors de la première insurrection du M23, des voix s’élevaient pour dénoncer les connivences supposées entre certains officiers proches du pouvoir et les chefs rebelles. Rien n’a jamais été officiellement prouvé, mais le soupçon n’a jamais disparu.

Aujourd’hui, le retour du fondateur du PPRD dans une ville sous tension, alors qu’aucune parole publique n’est venue condamner l’occupation du territoire national, réactive les pires inquiétudes : Joseph Kabila chercherait-il à se repositionner sur l’échiquier politique national avec l’appui du Rwanda, au mépris de l’intégrité territoriale de la RDC ?

La Loi, la République, la trahison

Les accusations de haute trahison sont encadrées par les textes. La loi du 28 juillet 2018 portant statut d’ancien président de la République est explicite. L’article 5 rappelle que tout ancien chef d’État est soumis à une obligation « de réserve, de dignité, de patriotisme et de loyauté envers l’État ». En outre, aucun privilège lié à ce statut ne peut être invoqué au détriment des intérêts de la Nation, comme le précise l’article 4.

En choisissant de garder le silence face à l’agression, en se plaçant sous la protection d’une force hostile, Joseph Kabila s’expose à des poursuites non seulement politiques, mais aussi pénales. Si les faits sont établis, ils pourraient constituer l’une des plus graves atteintes à la souveraineté nationale depuis l’indépendance.

Une épreuve de vérité pour l’État congolais

Cette affaire dépasse de loin la simple querelle politique. Elle interroge le socle même de l’État, sa capacité à protéger ses frontières, à sanctionner ses élites, à faire respecter l’éthique républicaine. En décidant de saisir la justice, en suspendant le PPRD, en gelant les avoirs, les autorités congolaises prennent un risque politique majeur. Mais elles semblent avoir choisi la fermeté, considérant que la survie de la République est en jeu.

Pour nombre de Congolais, la trahison ne se mesure pas seulement aux actes, mais à l’absence de parole. Dans un pays où des enfants meurent tous les jours sous les bombes, le silence d’un ancien président vaut condamnation.

Joseph Kabila est de retour. Mais c’est un retour par la porte de l’ennemi. Son avenir politique semble désormais suspendu à une procédure judiciaire, à un procès que d’aucuns appellent déjà « le procès de l’honneur ».

La République démocratique du Congo, elle, continue de résister. Elle panse ses plaies, elle enterre ses morts, elle tient bon. Elle se souviendra. Et l’Histoire jugera.

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