Dans un contexte de chômage élevé chez les jeunes en République démocratique du Congo (RDC), l’entrepreneuriat des jeunes devient une voie de résilience économique. Avec une économie encore largement informelle, et un marché du travail saturé, de plus en plus de Congolais choisissent de créer leur propre activité. Ce mouvement est appuyé par des politiques publiques incitatives, à l’image du Fonds de Garantie pour l’Entrepreneuriat ou de l’ANADEC. Mais pour espérer une véritable transformation, des efforts restent à fournir en matière de financement des PME, formation entrepreneuriale, et accompagnement stratégique.
La jeunesse congolaise, qui représente plus de 60 % de la population active, fait face à un chômage de masse, particulièrement à Kinshasa. En 2020, le taux de chômage des 15-24 ans atteignait 19 %, grimpant à 28,5 % dans la capitale. Ce chiffre alarmant pousse de nombreux jeunes à se tourner vers l’auto-emploi et l’innovation locale.
Le secteur informel, dominant à 84 %, ne garantit ni sécurité ni stabilité. Les entreprises formelles, quant à elles, n’arrivent pas à absorber la demande. Entre 2019 et 2023, seuls 36 % des demandeurs d’emploi enregistrés par l’ONEM ont trouvé une insertion.
L’État a compris l’urgence. Plusieurs dispositifs ont été mis en place pour faciliter l’émergence de startups et d’initiatives locales : FOGEC (Fonds de Garantie de l’Entrepreneuriat au Congo) : Créé en 2020, ce fonds facilite l’accès au crédit pour les jeunes entrepreneurs. En 2023, 90 projets ont reçu une enveloppe globale de 1,8 million USD ; ANADEC (Agence Nationale de Développement de l’Entrepreneuriat Congolais) : Elle accompagne la création et la formalisation des entreprises, avec des services de coaching et de structuration de business models ; PDL-145T : Ce programme de développement local vise à créer des conditions favorables à l’entrepreneuriat dans les territoires les plus reculés.
Le Président Félix Tshisekedi a inscrit la création d’emplois au cœur de sa stratégie économique. La Première ministre Judith Suminwa a confirmé que l’entrepreneuriat des jeunes est « la seule voie viable » pour sortir la population de la pauvreté et stimuler la croissance économique en RDC.
Mais au-delà des promesses, l’accompagnement des entrepreneurs doit s’intensifier : réduction des charges fiscales, accès aux outils numériques, accompagnement juridique, ou encore accès facilité au mobile banking.
La RDC a tous les atouts pour réussir sa transition entrepreneuriale : jeunesse dynamique, richesses naturelles, et marchés locaux sous-exploités. Pour que l’entrepreneuriat devienne un moteur durable du développement, il est urgent d’investir dans l’éducation entrepreneuriale, de multiplier les partenariats public-privé et de faciliter l’accès au financement digital.
C’est en transformant les jeunes en créateurs de valeur que la RDC pourra espérer bâtir une économie résiliente et inclusive.
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