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Kinshasa
5 mars, 2026 - 02:02:41
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À Goma, la rébellion du M23 impose sa loi économique et asphyxie la population

Sous couvert de négociations diplomatiques menées à huis clos dans les capitales étrangères, une autre guerre se joue sur le terrain : celle du contrôle économique et fiscal de Goma, cœur stratégique de l’Est de la RDC. Alors que les États-Unis tentent de maintenir un dialogue régional fragile, la rébellion du M23 met en place un système de taxation illégale, frappant une population déjà meurtrie par des années de conflit. Le Nord-Kivu devient ainsi un laboratoire de domination économique armée, où les civils paient le prix fort d’une guerre silencieuse.

Alors que les projecteurs de la communauté internationale sont braqués sur les initiatives de paix dans la région des Grands Lacs, la réalité quotidienne sur le terrain à Goma révèle une stratégie d’occupation économique brutale. Le M23, en pleine expansion militaire, multiplie les postes de contrôle dans les zones périphériques, érigeant des barrières de taxation sauvage.

Sous prétexte de régulation, les rebelles imposent des paiements à tous les niveaux : droit de passage, impôts sur les petits commerces, taxes sur les marchés locaux, et même redevances sur la vente de produits de première nécessité. Ces « impôts de guerre » mettent à genoux une économie locale déjà fragilisée, aggravant la pauvreté et l’insécurité alimentaire.

Ce que le M23 appelle « gouvernance locale » est perçu par les habitants comme une prise en otage économique. Les ONG parlent d’un modèle de prédation illégale, équivalent à du pillage institutionnalisé. Le contrôle des ressources locales – produits agricoles, taxes sur le transport, et monopole sur les circuits de distribution – devient un outil de pouvoir et de financement militaire.

Dans les zones contrôlées, la vie économique est paralysée. Des commerçants témoignent de menaces, de rackets et de violences en cas de non-paiement. Une véritable économie de guerre se met en place, dans le silence complice ou l’impuissance des institutions internationales.

Face à cette pression, les organisations citoyennes locales appellent à une mobilisation contre l’exploitation armée de la population. Des voix s’élèvent pour dénoncer l’imposture d’un mouvement qui se proclame « libérateur », mais fonctionne comme un régime mafieux armé.

Pendant ce temps, la crise humanitaire s’intensifie : manque de nourriture, d’accès aux soins, déplacements massifs de populations. Goma se vide lentement, ses habitants tentant de fuir une double peine : l’abandon de l’État et l’emprise du M23.

Tandis que Washington poursuit ses efforts de médiation entre Kinshasa et Kigali, la patience américaine s’amenuise face à la montée des violences. Les États-Unis considèrent que toute atteinte à la souveraineté congolaise constitue une menace directe pour la stabilité régionale.

Mais dans les rues de Goma, la diplomatie semble lointaine. La population attend des actes concrets, un retour de l’autorité de l’État, et des mesures urgentes pour freiner l’économie parallèle des groupes armés.

À Goma, le combat pour la dignité et la souveraineté économique se poursuit. Malgré les obstacles, la population fait preuve d’une résilience remarquable. Mais le temps presse : sans action rapide, le Nord-Kivu risque de basculer durablement sous un système de pouvoir fondé sur la peur, la taxe et la violence.

Infos27

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