L’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, jadis perçu comme une figure de sagesse continentale, s’enfonce aujourd’hui dans une dérive inquiétante : celle d’un dignitaire déconnecté, se faisant le porte-voix d’une propagande toxique façonnée dans les arrière-salles du ressentiment et de la subversion. Ses récentes déclarations sur la situation en République démocratique du Congo – qualifiant le groupe terroriste M23 d’« organisation la plus populaire » et dénonçant une prétendue « kasaïanisation » du pouvoir – révèlent une double faillite : celle de son discernement et celle de son indépendance intellectuelle. Mbeki ne parle plus en homme d’État ; il récite, sans nuance ni rigueur, les refrains usés d’un Joseph Kabila en disgrâce, relayant à son insu – ou en toute complicité – le narratif falsifié des parrains du chaos à l’Est du Congo. Ce glissement de posture, aussi stupéfiant qu’indigne, heurte profondément ceux qui croyaient encore en son autorité morale. Car dans cette affaire, l’ancien médiateur devient un rouage, voire un complice, d’un agenda régressif qui menace la paix, la vérité et l’unité du continent.
L’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, autrefois figure respectée du panafricanisme, s’illustre aujourd’hui dans une posture inquiétante : celle d’un patriarche mal informé, reproduisant sans recul critique une rhétorique aussi dangereuse que mensongère sur la République démocratique du Congo. Dans une déclaration relayée depuis l’Afrique du Sud, l’ex-chef d’État a tenu des propos pour le moins déconcertants : selon lui, le groupe rebelle M23 serait devenu « l’organisation la plus populaire du Congo » et le président Félix Tshisekedi gouvernerait avec un cercle restreint « de Kasaïens », excluant ainsi « le reste de la population ».
Ces propos, d’une gravité politique extrême, ont aussitôt soulevé une vague d’indignation à Kinshasa, mais aussi parmi les intellectuels et observateurs avertis de la région des Grands Lacs. Car non seulement ils relaient un discours toxique, forgé par les cercles qui cherchent à déstabiliser l’État congolais, mais ils trahissent aussi une méconnaissance flagrante de la réalité géopolitique et institutionnelle de la RDC.
Un aveuglement suspect
À qui Thabo Mbeki doit-il une telle déformation des faits ? À quelle source obscure a-t-il prêté l’oreille ? L’élément de réponse semble limpide : le seul homme politique congolais avec qui il s’est récemment entretenu est Joseph Kabila, ancien président de la RDC, en retrait officiel de la vie politique mais toujours actif dans l’ombre des alliances opaques. Leur rencontre à Johannesburg en mars dernier pourrait bien avoir constitué le point d’entrée de cette manipulation narrative. Mbeki, en relayant ce qui s’apparente à une version frelatée de la propagande pro-rwandaise, se fait sans le savoir – ou pire, en toute conscience – le relais d’un agenda régressif.
« Le M23 est populaire », clame-t-il, ignorant superbement les atrocités imputées à ce mouvement armé par les rapports accablants du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, de Human Rights Watch ou du Groupe d’experts sur la RDC. Depuis sa résurgence en 2021, cette milice soutenue par le Rwanda sème la terreur à l’Est du pays, pillant, massacrant, violant. Parler de popularité en ce contexte, c’est insulter les millions de déplacés et de victimes qui fuient ses exactions.
Une lecture fausse de l’architectur

