Un homme accusé d’avoir mortellement battu son neveu de 10 ans a été tué par justice populaire mercredi 4 juin 2025 à Mabuku, dans le territoire de Beni (Nord-Kivu). L’incident initial remonte au 1er juin, lorsque l’enfant et son frère ont été surpris en train de cueillir des mangues dans un champ familial et sévèrement frappés par leur oncle. Après avoir pris la fuite, ce dernier a été capturé par la population, puis brûlé vif après que sa famille a refusé de le recevoir. La société civile locale dénonce ce recours à la violence et appelle à privilégier les voies légales pour faire respecter la justice.
Un homme a trouvé la mort dans des conditions tragiques à Mabuku, dans le territoire de Beni, après avoir été victime de justice populaire. Mercredi 4 juin 2025, la colère des habitants s’est en effet abattue sur Mumbere Kiteme Kambere, accusé d’avoir violemment fouetté son neveu de 10 ans, Kyokwe Joachim, jusqu’à lui ôter la vie.
L’incident initial s’est produit dimanche 1er juin dans le village de Tutu, situé sur l’axe Maboya-Mabalako, entre Mabuku et Mambingi. Ce jour-là, deux enfants, frères et petits-enfants du propriétaire d’un champ de manguiers, ont été surpris en train de cueillir des mangues dans ce verger familial. L’oncle paternel, Mumbere Kiteme Kambere, leur aurait alors infligé une sévère correction.
Kyokwe Joachim, le plus jeune des deux garçons, est décédé sur le coup, victime des coups reçus. Son frère aîné, âgé de 12 ans, Mumbere Kyokwe Héritier, a survécu et a pu livrer un témoignage avant d’être pris en charge dans un centre de santé local.
Suite à l’agression, le présumé coupable a pris la fuite. Il a été retrouvé mardi 3 juin à Mambingi, à environ sept kilomètres de Mabuku. Mais au lieu d’être remis aux autorités, il a été intercepté par les habitants, roué de coups, puis conduit dans un état critique à un centre de santé.
Le lendemain, une délégation venue de Mabuku a tenté de le rapatrier dans leur village. À son arrivée à Mabuku-Kanzuli vers 14 heures, sa famille a refusé de l’accueillir. La foule, en proie à la colère, a alors arraché l’homme des mains de la délégation avant de le brûler vif, dans un acte de vengeance qui choque la région.
La société civile locale a condamné fermement ce recours à la justice populaire. Baraka Kiteme, président de la société civile, a dénoncé « un acte barbare qui ne peut en aucun cas être justifié » et appelé la jeunesse à éviter les représailles violentes. Il a exhorté à recourir aux voies légales pour obtenir justice et garantir la paix sociale.
Justin Mupanya, correspondant à Beni

