En suspendant brutalement le financement de la relance de la SOTEXKI, le gouvernement heurte de front les espoirs d’une province meurtrie en quête de renaissance industrielle. À Kisangani, la mesure passe mal. Dans un climat de défiance croissante, les habitants de la Tshopo s’insurgent contre ce qu’ils perçoivent comme une injustice politique et économique. Et réaffirment, face à la polémique, leur soutien indéfectible au ministre Louis Watum Kabamba, artisan d’un redressement méthodique et transparent.
La décision récente de suspendre le financement destiné à la relance de la Société textile de Kisangani (SOTEXKI) suscite une vive réaction dans la province de la Tshopo. Face à ce qu’ils qualifient d’« inacceptable », les habitants et forces vives de cette région de la Grande Orientale dénoncent une mesure qu’ils jugent non seulement inopportune, mais aussi lourde de conséquences pour le développement industriel local.
Dans une déclaration solennelle, ils rejettent fermement les accusations lancées contre le ministre de l’Industrie, Louis Watum Kabamba, dont le rôle dans la redynamisation de la SOTEXKI, selon eux, est fondamental et transparent. « La SOTEXKI n’appartient à personne en particulier, encore moins à l’ancien régime, et le financement en cours n’a rien à voir avec des intérêts partisans », martèlent-ils, appelant à une suspension immédiate de la décision prise par le cabinet de la Première ministre.
La controverse avait éclaté à la suite d’une lettre officielle ordonnant la suspension temporaire du décaissement des fonds pour la société, financements pourtant validés par plusieurs instances gouvernementales. Pour les habitants de Kisangani, cette mesure fragilise un projet industriel d’envergure, qui a fait l’objet d’un processus rigoureux et d’audits successifs.
Le plan de relance de la SOTEXKI, initié sous l’impulsion du gouvernement et validé en Conseil des ministres dès septembre 2022, a déjà bénéficié d’une première tranche de financement d’environ 7,5 millions de dollars, débloquée progressivement au cours de l’année 2023. Plusieurs missions de contrôle, notamment en juin et septembre 2024, ont confirmé la bonne utilisation des fonds. Plus récemment, le gouvernement avait approuvé le financement des tranches suivantes, par le Fonds de promotion industrielle (FPI) et le Trésor public, lors d’un Conseil des ministres en décembre 2024.
Au-delà des aspects financiers, la suspension en cours ravive des tensions politiques sous-jacentes. La population met en garde contre toute instrumentalisation du dossier par certains responsables, notamment la Directrice Générale Adjointe du FPI, qu’elle accuse d’utiliser cette affaire à des fins opaques. Elle interpelle directement le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, garant du bon fonctionnement des institutions, pour qu’il intervienne afin de préserver la dynamique enclenchée.
« Nous réaffirmons notre confiance au Chef de l’État, ainsi qu’au ministre Louis Watum Kabamba, dont le travail s’inscrit dans la stratégie nationale de développement industriel. Nous ne permettrons pas que des intérêts obscurs freinent l’essor de notre région », proclament les habitants de la Tshopo.
La question de la nouvelle configuration capitalistique de la SOTEXKI doit être tranchée lors de plusieurs réunions à venir en juin 2025, qui devraient clarifier le partage du capital à la suite des apports financiers publics. La population espère que ces échéances seront respectées et que les ambitions de relance industrielle, source de milliers d’emplois et de développement économique, ne seront pas compromises.
Alors que la Grande Orientale aspire à un renouveau économique durable, la polémique autour de la SOTEXKI illustre les enjeux politiques et sociaux majeurs auxquels fait face la RDC. Le sort de cette entreprise emblématique pourrait bien devenir un baromètre de la volonté réelle du pouvoir central à impulser un véritable développement régional.
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