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2 juin, 2026 - 07:01:18
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Vers une paix durable entre la RDC et le Rwanda : l’IRDH salue l’avancée diplomatique

Dans un communiqué publié samedi 21 juin à Lubumbashi, l’Institut de Recherche en Droits Humains (IRDH) salue avec prudence l’émergence d’un processus de paix entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, amorcé sous la médiation des États-Unis. Tout en mettant en avant les perspectives d’une sortie de crise dans l’Est du pays, l’organisation attire l’attention sur les enjeux historiques, politiques et sécuritaires qui conditionnent la réussite d’un accord durable.

Le signal fort est venu de Kinshasa, où le président Félix Tshisekedi a reçu le 21 juin les représentants des principales confessions chrétiennes du pays — la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) — venus lui présenter les résultats de leurs démarches de conciliation auprès de la classe politique. Pour l’IRDH, cette rencontre incarne « le rétablissement de la confiance » nécessaire à un dialogue national inclusif.

Dans son analyse, l’Institut estime que la conjonction des efforts des évêques congolais et de la diplomatie américaine, menée par le président Donald Trump, pourrait ouvrir la voie à une paix durable. Il évoque notamment quatre chantiers prioritaires : le retour des forces armées dans leurs juridictions nationales respectives, l’instauration d’une justice réparatrice, la relance d’échanges commerciaux équitables après un audit des accords existants, et le renforcement des capacités militaires de la RDC.

Mais au-delà des avancées, le ton se fait grave. L’IRDH rappelle que depuis plus de trois décennies, la RDC subit une série d’agressions multiformes attribuées aux troupes rwandaises et à leurs relais successifs — de l’AFDL à l’AFC, en passant par le RCD, le CNDP et le M23. Une « logique de substitution » qui, selon l’Institut, illustre le caractère protéiforme et stratégique de l’intervention rwandaise dans l’Est congolais.

Cette menace, juge l’IRDH, nécessite une vigilance accrue de la part de la communauté internationale, en particulier des médiateurs engagés dans la mise en œuvre de l’accord en préparation. Le danger ne vient pas uniquement de l’extérieur : l’Institut pointe aussi les fragilités internes, notamment la fragmentation politique et la quête effrénée du pouvoir, qui rendent certains acteurs « perméables aux influences rwandaises contraires à l’intérêt général ».

S’inscrivant dans la lignée des initiatives de paix précédentes — Nairobi, Luanda, Lomé et Doha —, le texte espéré doit aussi, selon l’IRDH, porter l’ambition d’une justice pour les victimes des exactions passées. À cette fin, l’organisation propose plusieurs recommandations : À la médiation américaine : intégrer les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l’ONU, notamment la résolution 2773, dans le socle juridique de l’accord ; Au gouvernement congolais : persévérer dans la voie diplomatique et éviter toute provocation ; Aux partis politiques : faire primer la paix sur les ambitions personnelles ; Aux organisations citoyennes et religieuses : intensifier leurs initiatives pour la réconciliation.

Ce communiqué signé par Maître Tshiswaka Masoka Hubert, directeur général de l’IRDH, réaffirme la nécessité d’un équilibre entre l’aspiration populaire à la paix et les exigences de justice, de souveraineté et de cohésion nationale. Alors que les regards restent tournés vers Washington et Kigali, c’est désormais sur le terrain que la paix devra faire ses preuves.

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