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2 juin, 2026 - 17:58:43
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Entre fractures géopolitiques et quête d’investissements, la RDC avance son agenda à Davos

Davos n’a pas choisi l’euphémisme. Pour sa 56ᵉ édition, ouverte le 20 janvier 2026, le Forum économique mondial s’est d’emblée installé dans un climat de crispation stratégique, entre tensions commerciales, durcissement des rapports de force et ce que plusieurs intervenants ont qualifié, à mots à peine couverts, de « trumpisation » des relations internationales. Sous le thème officiel d’« un esprit de dialogue », les chefs d’État, dirigeants d’institutions et décideurs économiques ont surtout exposé l’ampleur des fractures entre blocs. Dans ce contexte de lignes de faille assumées, le président Félix-Antoine Tshisekedi a choisi l’action. En marge des séances plénières, le chef de l’État congolais a enchaîné les rencontres stratégiques, portant un agenda clair : mobiliser des financements pour des projets structurants en République démocratique du Congo, de l’agro-industrie aux infrastructures, de l’énergie à la transformation locale des ressources minières. Une diplomatie économique offensive, déployée au cœur d’un forum devenu, dès son ouverture, autant une tribune d’alerte qu’un champ de compétition pour les capitaux et l’influence.

La 56ᵉ édition du Forum économique mondial s’est ouverte à Davos, en présence de nombreux chefs d’État et de gouvernement, parmi lesquels le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi. Les discours inauguraux ont donné le ton : ferme, inquiet, parfois frontal.

Le président de la Confédération suisse, Guy Parmelin, a évoqué la fragilisation du multilatéralisme, tandis que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a mis en garde contre une « spirale descendante » diplomatique qui « ne ferait qu’enhardir les adversaires de l’Occident ».

Commerce, sécurité, climat : Davos face à la polycrise

Le Forum a identifié cinq priorités stratégiques pour répondre à la polycrise actuelle. D’abord, la restauration du dialogue entre grandes puissances, afin d’éviter une guerre commerciale totale.

Ensuite, la gouvernance de l’intelligence artificielle, notamment pour contenir la désinformation dans les processus électoraux. Viennent ensuite la croissance inclusive avec un accent sur l’Afrique et l’Amérique latine, l’urgence climatique malgré le retour en force des discours pro-énergies fossiles, et la modernisation du commerce mondial via la TradeTech pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement.

En marge des séances plénières, le président Félix-Antoine Tshisekedi a multiplié les rencontres stratégiques, plaidant pour la mobilisation de financements en faveur de projets structurants en RDC : agro-industrie, infrastructures, énergie et transformation locale des ressources minières. Une diplomatie économique assumée, dans un contexte de compétition accrue pour les capitaux.

La tonalité politique s’est durcie le lendemain. Le président français Emmanuel Macron a dénoncé une « nouvelle approche coloniale » et alerté contre « un monde sans règles, où seule la loi du plus fort semble prévaloir ».

Même registre à Bruxelles : Ursula von der Leyen a rappelé qu’« en politique comme en affaires, un accord est un accord », jugeant les nouveaux droits de douane « fondamentalement inacceptables, surtout entre alliés ».

Plus abrupt encore, le gouverneur de Californie Gavin Newsom a appelé les dirigeants européens à « cesser la complicité » et à faire preuve de courage face aux pressions de Donald Trump, accusé d’utiliser les tarifs douaniers et les ambitions territoriales comme leviers politiques.

À Davos, le constat est partagé : le dialogue est invoqué, mais la confrontation structure déjà l’agenda mondial. Le Forum s’ouvre avec une ambition affichée. Reste à savoir s’il pourra encore infléchir le cours d’un monde de plus en plus transactionnel.

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