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Kinshasa
20 avril, 2026 - 04:39:10
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Le vice-ministre Kezamudru appelle à une révolution éducative centrée sur la formation technique

Dans un contexte national marqué par un chômage endémique des jeunes et une marginalisation persistante des filières techniques, Jean-Pierre Kezamudru, vice-ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté, a lancé un appel clair et vigoureux, samedi 5 juillet à Kinshasa, en faveur de la revalorisation de l’enseignement technique comme outil central de transformation socio-économique. S’exprimant lors de la conférence « The Future », il a dénoncé les préjugés qui pèsent sur ces filières, mis en lumière l’impasse d’une éducation théorique déconnectée du réel, et plaidé pour un changement de paradigme : former des bâtisseurs capables de créer leur propre emploi, et non des demandeurs désabusés. Face à l’ampleur des défis structurels – déficit d’éducation de base, faible attractivité des métiers manuels, manque de soutien institutionnel –, son intervention apparaît comme un acte de lucidité politique, mais aussi de foi en une jeunesse congolaise qu’il appelle à se réapproprier la dignité du travail et l’autonomie productive.

C’est une voix forte et lucide qui s’est élevée samedi 5 juillet à Kinshasa pour défendre une révolution silencieuse mais déterminante : celle de la formation technique et professionnelle. Jean-Pierre Kezamudru, vice-ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté, a livré un plaidoyer vibrant en faveur de ce secteur, souvent relégué au second plan dans les politiques publiques, mais qui, selon lui, détient les clés d’un avenir productif pour la jeunesse congolaise.

Intervenant lors de la conférence « The Future », organisée à l’hôtel Hilton de Kinshasa, le vice-ministre a captivé son auditoire dans un panel sobrement intitulé : « L’éducation comme matrice du futur congolais : former des bâtisseurs, pas des suiveurs ». Un titre manifeste d’une ambition claire : faire de l’éducation un outil de transformation sociale, et non un simple rite académique.

Une bataille contre les préjugés

« Il est plus facile de créer de l’emploi à travers l’enseignement technique », a-t-il martelé d’entrée, dénonçant une perception tenace : celle qui cantonne ces filières à des élèves dits « moins doués ». « C’est une erreur dramatique », a insisté Kezamudru. « L’enseignement technique est un moteur puissant de développement. »

Loin de se contenter de slogans, le vice-ministre a appelé à un changement structurel et culturel, soulignant que l’un des blocages majeurs réside dans la faiblesse de l’éducation de base. « On ne peut pas parler de formation professionnelle sans s’assurer que chaque enfant sait lire, écrire et calculer. » La base, selon lui, conditionne l’édifice.

Des créateurs, pas des quémandeurs

Dans un pays où le chômage des jeunes dépasse les 70 %, le message de Jean-Pierre Kezamudru résonne comme une injonction à revoir les priorités éducatives. « Nous devons former des créateurs d’emplois, pas des quémandeurs de postes », a-t-il affirmé. Il a ainsi mis en avant le potentiel transformateur des filières techniques, capables de générer des revenus dès le cursus en cours. « Un jeune inscrit dans une formation technique peut commencer à travailler, à gagner sa vie, bien avant d’avoir un diplôme en poche. »

Le vice-ministre a indiqué que son département travaille à l’élargissement des bourses d’études pour les filières techniques et à la valorisation sociale de ces parcours. Une démarche qu’il inscrit dans la vision plus large du président Félix Tshisekedi, qu’il qualifie de « chevalier de l’enseignement technique ». « C’est le cheval de bataille du chef de l’État », a-t-il rappelé, invitant à une mobilisation collective pour briser le cercle vicieux de la stigmatisation et du chômage.

Un témoignage personnel édifiant

Jean-Pierre Kezamudru n’a pas hésité à livrer une part intime de son parcours. « J’ai commencé comme enseignant. Avec des collègues, nous avons lancé un petit centre de formation, convaincus que l’éducation était la meilleure arme contre la pauvreté. » Ce cheminement, de l’enseignement de base à la haute administration publique, incarne le discours qu’il porte : celui de la méritocratie ancrée dans le travail et la passion.

« Il n’y a pas de sot métier », a-t-il insisté en s’adressant directement aux jeunes venus assister à l’événement. « Ce qui compte, ce n’est pas uniquement la théorie, mais la capacité à mettre son savoir en pratique, à servir son pays et à contribuer à l’humanité. »

Vers une éducation utile et citoyenne

L’intervention du vice-ministre a également permis de rappeler le lien entre éducation et citoyenneté. « La nouvelle citoyenneté commence par l’autonomie économique. Elle se bâtit dans les ateliers, les chantiers, les laboratoires, pas seulement dans les amphithéâtres. » Pour Kezamudru, réconcilier la jeunesse congolaise avec l’enseignement technique, c’est lui offrir des outils concrets d’émancipation.

Son discours, vif, argumenté, et nourri d’exemples personnels, tranche avec le ton souvent bureaucratique des politiques éducatives. Il se veut un appel à l’action, mais surtout une main tendue vers une jeunesse trop souvent en proie au doute.

En RDC, où la promesse d’une scolarisation universelle reste encore à tenir, et où les infrastructures éducatives demeurent inégalement réparties, la parole du vice-ministre s’inscrit dans une urgence nationale : celle de former, d’accompagner, de professionnaliser. En somme, de faire de l’école non un mirage, mais une fabrique de futurs.

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