Sa réélection n’a surpris personne. Mardi 8 juillet, les juges de la Cour constitutionnelle ont renouvelé leur confiance à Dieudonné Kamuleta Badibanga, reconduit pour un second et dernier mandat de trois ans à la présidence de la Haute Cour. Une décision attendue, tant le magistrat a su, depuis 2022, incarner la stabilité, la rigueur et l’autorité morale d’une institution devenue, en dix ans, l’un des piliers les plus solides de la démocratie congolaise. Derrière la solennité du vote, c’est un cap qui se confirme : celui d’une justice constitutionnelle active, cohérente et ancrée dans les exigences d’un État de droit en construction.
Il n’y a pas eu de surprise, seulement la confirmation d’un fait que l’histoire récente et les statistiques appuyaient déjà : mardi 8 juillet 2025, les juges de la Cour constitutionnelle ont réélu Dieudonné Kamuleta Badibanga pour un second mandat de trois ans à la tête de l’institution.
Une plénière à huis clos tenue dans l’enceinte solennelle de la Haute Cour a suffi à trancher, après un premier report intervenu le 20 juin. Cette fois, le choix s’est imposé de lui-même, dans la continuité d’un bilan salué au sein des cercles juridiques comme dans l’opinion publique.
La Cour constitutionnelle, qui célèbre cette année ses dix ans d’existence, s’est en effet imposée au fil de la dernière décennie comme une pièce maîtresse de l’architecture démocratique congolaise. Son président reconduit l’avait rappelé lui-même : « Depuis sa création, la Cour constitutionnelle a su jouer un rôle déterminant dans la consolidation de notre jeune démocratie. »
Un mandat adossé à des avancées tangibles
Dieudonné Kamuleta, premier président de la Cour issu du corps judiciaire, avait été élu une première fois le 21 juin 2022, en remplacement du professeur Dieudonné Kaluba Dibwa. En trois ans, sa présidence s’est distinguée par une gestion méthodique et rigoureuse du contentieux électoral, une clarification du rôle de la Cour dans le système institutionnel congolais, et une jurisprudence abondante qui contribue désormais à stabiliser le droit public national.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis son installation en avril 2015, la Cour a enrôlé 2.794 affaires, rendu 2057 arrêts, et traité plus de 2.880 contentieux électoraux. Rien que pour les élections de 2023 et 2024, elle a reçu 1.528 requêtes dont plus de 1.260 en contentieux des résultats. Des chiffres qui font écho à la densité du travail accompli dans l’ombre des projecteurs politiques.
Mais la Cour ne s’est pas arrêtée là. Elle s’est aussi illustrée dans le contrôle de constitutionnalité des lois, l’examen des déclarations de patrimoine — 315 dossiers traités sur 367 inscrits — et les affaires sensibles liées à la compétence pénale de la juridiction, comme l’affaire Bukanga-Lonzo impliquant l’ancien Premier ministre Matata Ponyo.
Une stabilité institutionnelle rare
En reconduisant Dieudonné Kamuleta, ses pairs juges envoient un message clair : la continuité est garante de l’efficacité. Cette réélection s’inscrit dans le cadre de l’article 9 de la loi organique sur l’organisation de la Cour, qui permet un second mandat de trois ans, non renouvelable. Elle est également un témoignage de confiance dans une gouvernance collégiale et indépendante, dans une période où la République démocratique du Congo cherche à ancrer l’État de droit dans ses réflexes politiques et judiciaires.
Une Cour qui regarde vers l’avenir
Déjà lors de la cérémonie des 10 ans de la Cour constitutionnelle, le président reconduit de la Cour avait insisté sur les défis à venir. Dans un appel au législateur, il avait plaidé pour une adaptation du cadre juridique de la Haute Cour aux évolutions contemporaines du contentieux constitutionnel, invitant à un soutien accru de l’institution par tous les acteurs de la République.
À la faveur de cette réélection, la Cour constitutionnelle, plus que jamais, semble prête à assumer le rôle de vigie républicaine. Sous la direction renouvelée de Dieudonné Kamuleta, elle entend rester un pilier stable de la démocratie congolaise, dans un paysage institutionnel résolument tourné vers la maturité.
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