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31 mai, 2026 - 17:45:01
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Nairobi choisit son camp : la nomination d’un consul à Goma, acte de provocation assumé

Goma n’est pas une colonie à brader. En osant y nommer un consul alors que la ville est encore sous le joug du M23/AFC, le Kenya ne signe pas une démarche diplomatique, mais une trahison pure et simple. Cette nomination unilatérale équivaut à une reconnaissance de fait d’une occupation armée, un camouflet jeté au visage de la République démocratique du Congo. Derrière le masque panafricaniste, Nairobi révèle son vrai visage : celui d’un acteur prêt à piétiner le droit international pour s’ouvrir un couloir vers les minerais congolais. À ce stade, Kinshasa n’a pas le droit de tergiverser. Réagir mollement serait entériner la duplicité et consacrer l’humiliation. L’heure est à la riposte diplomatique ferme, à la mobilisation régionale et internationale, pour rappeler que la souveraineté congolaise ne se négocie pas et que toute caution à l’occupation armée sera traitée comme une agression. Le Congo n’a plus le choix : il doit frapper du poing sur la table.

Le masque est tombé. En annonçant la nomination d’un consul à Goma, alors même que cette ville stratégique de l’Est congolais demeure sous occupation illégale des terroristes du M23/AFC, le Kenya a franchi une ligne rouge. Ce geste n’est pas une simple maladresse protocolaire : il s’agit d’une provocation diplomatique, d’un affront délibéré à la souveraineté de la République démocratique du Congo (RDC) et d’une complicité à peine voilée avec les forces qui ensanglantent son territoire. Kinshasa l’a rappelé avec force dans son communiqué du 16 août : aucune nomination consulaire n’a de validité sans l’exequatur du ministère congolais des Affaires étrangères, conformément à la Convention de Vienne sur les relations consulaires de 1963. Nairobi le sait.

Une violation manifeste du droit international

Le droit international est limpide : nul État n’a le droit de poser des actes qui consacrent ou normalisent une occupation illégale. En installant un représentant consulaire dans une zone arrachée par la violence, Nairobi accorde une forme de reconnaissance politique aux rebelles et à leurs parrains. C’est une insulte à la Charte des Nations unies, qui interdit toute atteinte à l’intégrité territoriale d’un pays souverain.
C’est aussi une trahison du panafricanisme. Le Kenya, membre de l’Union africaine, était tenu d’agir en solidarité avec un État frère agressé. Au lieu de cela, il choisit l’ambiguïté, brouille les lignes et envoie au monde le signal le plus dangereux : que le sang des Congolais peut servir de monnaie d’échange pour des intérêts régionaux.

Le masque des intérêts kenyans

Derrière la façade diplomatique se cache une réalité brutale : Nairobi lorgne sur les richesses congolaises. Depuis des années, les experts onusiens et les ONG spécialisées dénoncent le rôle du Kenya comme plateforme de transit des minerais congolais, en particulier l’or. Alors que sa production nationale est dérisoire, ses exportations s’envolent à des niveaux inexplicables. Le schéma est connu : l’or congolais, extrait dans la douleur et le sang, transite par Nairobi avant d’être expédié vers Dubaï et l’Asie.
La nomination d’un consul à Goma n’est rien d’autre qu’une tentative de donner une façade institutionnelle à ce commerce illicite. Coltan, cassitérite, cobalt : autant de minerais stratégiques dont le chaos de l’Est assure l’écoulement clandestin. Nairobi n’agit pas en partenaire loyal. Elle agit en prédateur.

Une hypocrisie qui dure

Le peuple congolais n’a pas oublié : déjà en 2022, le contingent kényan déployé dans le cadre de la Force régionale de l’EAC s’était illustré par sa passivité face aux exactions du M23. Loin de protéger les populations, il avait servi de paravent diplomatique, laissant les rebelles consolider leurs positions. Le soi-disant « Processus de Nairobi » n’aura été qu’une mascarade : sous couvert de médiation, le Kenya a offert une tribune de légitimation aux criminels du M23, les plaçant sur un pied d’égalité avec l’État congolais.
Aujourd’hui, la nomination d’un consul à Goma confirme cette duplicité. Nairobi n’a jamais été un arbitre neutre. Elle est un acteur intéressé, partie prenante du plan de déstabilisation qui vise à fragiliser la RDC pour mieux exploiter ses richesses.

Une provocation qui appelle une réponse ferme

Les précédents internationaux sont clairs. La Turquie à Chypre, la Russie en Ukraine, le Maroc au Sahara occidental : chaque fois qu’un État a tenté de donner une légitimité diplomatique à une occupation illégale, il s’est retrouvé isolé et sanctionné. Le Kenya doit savoir qu’en suivant ce chemin, il hypothèque son avenir diplomatique et se condamne à la défiance.

La RDC, pour sa part, n’a pas le droit de rester silencieuse. Toute complaisance serait une reddition. C’est le moment de rappeler à Nairobi, à l’Union africaine et à la communauté internationale que le Congo n’est pas une terre ouverte à la prédation, mais un État souverain, dont les frontières sont inviolables.
Le président William Ruto doit être traité pour ce qu’il est devenu : non plus un partenaire régional, mais un agresseur diplomatique. En choisissant de s’implanter à Goma, il se range du côté des bourreaux, non des victimes. En préférant les minerais au respect de la souveraineté, il tourne le dos à l’Afrique des peuples et embrasse celle des vautours.

Le peuple congolais, meurtri mais debout, n’oubliera pas cette trahison. Sa dignité n’est pas négociable, son territoire n’est pas à vendre. Le Kenya, en posant cet acte, a pris parti contre l’intégrité du Congo. L’histoire le retiendra.

Car la vérité est simple : la paix et la solidarité africaine ne se construisent pas sur les cadavres des Congolais ni sur le pillage de leurs richesses. En persistant dans cette voie, Nairobi ne récoltera que l’opprobre, l’isolement et la rupture de confiance. Le Congo, lui, continuera à défendre son destin, seul s’il le faut, face à des voisins qui préfèrent la cupidité à la fraternité.

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