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7 juin, 2026 - 21:57:33
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RDC – Kenya : après le tollé, la clarification de Nairobi sur la nomination à Goma

La polémique née de la nomination d’un consul kényan à Goma aura eu le mérite de clarifier les règles du jeu diplomatique. En rappelant que toute désignation étrangère reste soumise à son agrément, Kinshasa affiche sa détermination à ne plus tolérer la moindre entorse à sa souveraineté. Un signal adressé non seulement à Nairobi, mais à l’ensemble des partenaires de la République démocratique du Congo, sommés de choisir entre le respect du droit et l’alignement sur ceux que le pouvoir congolais qualifie de « bourreaux » de son peuple.

Kinshasa ne transige plus sur la souveraineté nationale. Le 15 août 2025, le président kényan William Ruto annonçait la nomination et la redéfinition de vingt postes diplomatiques, parmi lesquels un Consul général à Goma, sans consultations préalables avec les autorités congolaises. Une décision qui a immédiatement suscité un tollé à Kinshasa, le ministère congolais des Affaires étrangères dénonçant « l’absence de concertation » pour un poste jugé hautement sensible dans un contexte de guerre dans l’Est du pays.

Face à la réaction ferme de la RDC, Nairobi a publié, le 18 août, une clarification rappelant que la désignation présidentielle ne vaut pas automatiquement accréditation. Le communiqué insiste : avant toute prise de fonction, un agrément de l’État hôte est nécessaire, suivi d’un exequatur pour l’exercice officiel du mandat. Autrement dit, rien ne saurait être imposé sans l’aval préalable de Kinshasa.

La RDC affirme ses lignes rouges

Cette clarification était indispensable. Car au-delà de la procédure diplomatique, c’est la question de la souveraineté congolaise qui se trouve au centre de l’équation. Après trois décennies de conflits alimentés par des interventions étrangères directes ou indirectes, Kinshasa entend désormais s’imposer auprès de tous ses partenaires. L’époque où des décisions s’imposaient unilatéralement est révolue.
Dans ce bras de fer symbolique, la RDC exige des partenaires qu’ils se positionnent clairement : soit du côté de la légalité internationale et du respect de la souveraineté congolaise, soit du côté des bourreaux du peuple congolais. La nuance n’est plus tolérée, surtout dans un contexte où les populations de l’Est continuent de payer le prix d’une guerre qualifiée « d’injuste » par les autorités congolaises.

Nairobi sommé de clarifier son choix

Pour Nairobi, ce rappel à l’ordre est lourd de sens. Le Kenya, qui joue un rôle diplomatique dans les initiatives de paix régionales, a intérêt à maintenir une neutralité crédible et à éviter toute maladresse qui serait perçue comme un alignement implicite avec les agresseurs de la RDC. En d’autres termes, le Kenya doit faire un choix clair : appuyer les efforts de paix et de coopération respectueuse avec Kinshasa, ou prendre le risque d’apparaître en porte-à-faux vis-à-vis d’un peuple congolais de plus en plus exigeant envers ses partenaires.

Un signal pour l’ensemble des partenaires

Le message de Kinshasa dépasse le cas kényan. Tous les États engagés dans la région sont prévenus : toute démarche contraire aux intérêts vitaux du peuple congolais entraînera des « conséquences » assumées par la RDC. Ce repositionnement illustre une volonté affirmée de reprendre la main sur la diplomatie congolaise et d’en finir avec des pratiques considérées comme néocoloniales.
L’épisode de Goma agit ainsi comme un révélateur : la RDC veut désormais dicter ses conditions, et non plus subir celles des autres.

Infos27

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