À Genève, la cheffe de la Monusco, Bintou Keita, a appelé mardi 9 septembre à un engagement international concret pour la République démocratique du Congo. « Il faut que les ressources soient présentes pour opérationnaliser la commission et accompagner les recommandations issues de la revue périodique universelle de la RDC », a-t-elle insisté à l’issue du dialogue interactif avec le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme et les autres parties prenantes. Dans ce contexte, le gouvernement congolais a réaffirmé son engagement à promouvoir les droits fondamentaux, à renforcer la justice et à protéger les populations. Face aux violences persistantes, aux défis institutionnels et aux obstacles posés par certains acteurs régionaux, les autorités ont appelé la communauté internationale à fournir les moyens nécessaires pour soutenir la justice transitionnelle, les enquêtes indépendantes et la protection des civils, soulignant ainsi la convergence des efforts nationaux et internationaux pour la stabilité et la reconstruction du pays.
Le dialogue interactif avec le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme et les autres parties prenantes clos, lors de la 60ᵉ session du Conseil des droits de l’Homme à Genève, la représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU en RDC et cheffe de la Monusco, Bintou Keita, a structuré sa réponse en trois points essentiels pour la RDC. « Le premier, c’est que pour rendre justice à la RDC, plusieurs éléments doivent être pris en compte. Les conséquences humanitaires et les violences sexuelles nécessitent que des ressources suffisantes soient disponibles pour une prise en charge globale », a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité d’un engagement international concret. « Deuxièmement, il est crucial que la question des droits de l’homme soit intégrée dans les processus de paix en cours et que sa mise en œuvre soit effective », a ajouté Mme Keita, avant de rappeler l’importance de soutenir la commission indépendante d’enquête et de renforcer le système de lutte contre l’impunité.
Guillaume Ngefa détaille les priorités de la RDC face à l’impunité
Le ministre de l’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a salué l’engagement des États membres et proposé des mesures concrètes pour mobiliser les financements nécessaires. « Nous appelons les conseils à rationaliser les mandats relatifs à la RDC et à affecter les ressources suffisantes à la commission d’enquête qui sera établie », a-t-il déclaré. Il a également évoqué la création d’un « basket fund » au sein de la Monusco pour solliciter des contributions volontaires, tout en rappelant l’importance de la justice traditionnelle pour garantir réparation aux victimes. « Enfin, la RDC continuera son plaidoyer pour la reconnaissance internationale du Génocost, ces génocides perpétrés sur son sol », a-t-il ajouté.
Samuel Mbemba réaffirme l’engagement de la RDC pour les droits fondamentaux
Le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a réaffirmé la protection des droits fondamentaux sur l’ensemble du territoire national, citant les défenseurs, journalistes, femmes, enfants et peuples autochtones.
« Mon gouvernement confirme son engagement à tout mettre en œuvre pour la promotion et la protection des droits fondamentaux, y compris l’implémentation de la justice transitionnelle dont le Fonarev est le visage emblématique actuellement », a-t-il souligné. Il a critiqué la réaction du Rwanda face aux rapports sur les violences dans l’est du pays : « Son déni de la vérité s’apparente à une insulte à la mémoire des victimes ».
Patrick Muyaya accuse le Rwanda de stigmatisation et de divisions ethniques
Enfin, le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, a dénoncé l’implication du Rwanda via le M23 et insisté sur l’engagement de la RDC pour la paix et la stabilité régionale. « Toutes les difficultés et toute la réalité qui est vécue actuellement illustrent la volonté du Rwanda, à travers sa brigade appelée M23, de créer un État parallèle », a-t-il affirmé. Il a réaffirmé la protection des civils et la promotion des libertés : « Dans la région, la RDC est un exemple en la matière ». Patrick Muyaya a également dénoncé les discours de haine ciblant les communautés : « Ces questions ne se poseraient pas si ce n’était pas la stigmatisation volontaire faite par le Rwanda, dans une volonté délibérée de créer la confusion et de trouver des prétextes pour massacrer des communautés ».
Pitshou Mulumba, Envoyé spécial à Genève

