À Lubumbashi, le ministère de la Justice a décidé de rompre avec les silences habituels entourant les incidents industriels. Après la rupture d’un bassin de rétention de l’entreprise minière Congo Dongfang Mining (CDM), qui a déversé de fortes quantités d’eaux polluées dans plusieurs quartiers de la ville, le ministre d’État Guillaume Ngefa a ordonné l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire. L’affaire, survenue le 4 novembre dans la commune annexe de Kassapa, a exposé habitants, routes et rivières à des risques sanitaires et environnementaux considérés comme « immédiats ». En prenant la main sans attendre, le gouvernement veut afficher une fermeté nouvelle face à des pratiques industrielles souvent dénoncées mais rarement sanctionnées, et rappeler que la protection des populations fait désormais partie des priorités nationales.
La Justice congolaise a décidé de réagir sans délai. Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a enjoint au Procureur général près la Cour de cassation d’ouvrir une enquête judiciaire après le déversement d’eaux polluées dans plusieurs rues, habitations et espaces publics de Lubumbashi. Selon les rapports transmis au ministère, la rupture d’un bassin de rétention de l’entreprise minière Congo Dongfang Mining (CDM) a provoqué, le 4 novembre, une catastrophe environnementale touchant directement des quartiers habités de la commune annexe de Kassapa.
L’événement a rapidement suscité l’inquiétude des autorités locales, confrontées à une pollution dont l’ampleur et les conséquences sanitaires restent à évaluer. Les eaux contaminées ont envahi routes, rivières et marchés, exposant les populations à des risques jugés « immédiats » par le ministère de la Justice.
Un signal politique de fermeté
En ordonnant une enquête judiciaire « immédiate », le gouvernement souhaite établir les responsabilités et vérifier les conditions de sécurité imposées aux entreprises opérant dans la région. Cette procédure vise à déterminer les fautes éventuelles et à engager, si nécessaire, des poursuites contre les responsables.
La démarche marque une volonté politique affirmée : ne plus laisser l’impunité s’installer dans un secteur minier stratégique mais fragile, souvent critiqué pour son manque de contrôles et ses impacts sur l’environnement. Le ministre Ngefa a rappelé que la protection des populations et la sécurité environnementale font désormais partie des priorités absolues de l’exécutif. « Les mesures nécessaires seront prises pour garantir que justice soit rendue », affirme le communiqué officiel.
Pour Lubumbashi, capitale minière du pays, cette réaction rapide envoie un message : les pratiques industrielles ne peuvent plus se dérouler hors du champ de la loi. Le gouvernement entend désormais concilier développement économique et exigence de responsabilité, dans une région où les accidents écologiques ont trop longtemps été considérés comme inévitables.
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