Dans un pays riche de ses ressources mais longtemps dépendant des importations, la bataille pour l’industrialisation se joue désormais sur un terrain concret : celui des zones économiques spéciales (ZES). Ces espaces, pensés comme des pôles de production, attirent des investisseurs, créent de l’emploi et ouvrent la voie à une diversification de l’économie congolaise. En plaçant les ZES au cœur de sa stratégie, le gouvernement de Judith Suminwa affiche une ambition claire : transformer les matières premières sur place et faire émerger une industrie nationale compétitive. Ce choix répond à un double impératif : offrir des opportunités aux jeunes générations et renforcer la souveraineté économique du pays. La réunion du Comité stratégique de pilotage des ZES, présidée par la Première ministre, illustre cette volonté d’accélération. Car derrière les chiffres et les projets, il s’agit bien d’inscrire le Congo dans une nouvelle ère où la croissance industrielle ne serait plus une promesse, mais une réalité visible dans les usines, les emplois créés et les produits estampillés « Made in DRC ».
La Première ministre Judith Suminwa a présidé, mardi, la première réunion du Comité stratégique de pilotage des zones économiques spéciales (ZES), l’un des leviers majeurs de la politique nationale d’industrialisation. Cette séance de travail, à la tonalité évaluative, a permis d’identifier les obstacles qui ralentissent la pleine mise en œuvre de ces espaces dédiés aux activités industrielles et d’esquisser des pistes de solutions.
« Les zones économiques spéciales contribuent déjà à la création d’emplois et à l’industrialisation du pays », a rappelé le ministre de l’Industrie, Aimé Boji Sangara, à l’issue de la rencontre. Le gouvernement prévoit la création de sept nouvelles ZES, en plus de celles déjà opérationnelles à Maluku, Kin Malebo, au Katanga, à Kinsevere et à Lubero.
Le dossier sensible de la saturation du site de Maluku a retenu une attention particulière. « La ZES Maluku est saturée. Il faut envisager une extension et procéder à des expropriations, accompagnées de compensations », a précisé le ministre de l’Industrie. Ce site, pionnier en matière de production locale, abrite notamment une usine de fabrication de carreaux dont la production alimente 80 % du marché congolais de Brazzaville, en plus d’une consommation locale en forte hausse.
À Maluku, comme dans d’autres ZES, la dynamique industrielle se traduit déjà par des résultats concrets : emplois créés, usines pharmaceutiques opérationnelles, investissements diversifiés. « Nous voulons poursuivre car l’industrie doit d’abord assurer la création d’emplois tout en consolidant la souveraineté économique », a insisté Aimé Boji, invitant les entrepreneurs congolais à saisir les opportunités offertes.
Les ZES offrent un environnement propice aux affaires : procédures administratives simplifiées via les guichets uniques, exonérations fiscales, accès garanti à l’eau et à l’électricité, et sécurité foncière. Autant d’incitations qui expliquent l’intérêt croissant des investisseurs.
Depuis son arrivée à la Primature en 2024, Judith Suminwa fait des ZES une priorité de son action. Son programme entend orienter les capitaux vers les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre locale. En consolidant ce dispositif, le gouvernement veut transformer les atouts naturels du pays en emplois pérennes et en valeur ajoutée, et ainsi inscrire la RDC sur la carte des économies africaines en pleine mutation.
Infos27

