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18 avril, 2026 - 15:02:59
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Pétition contre Vital Kamerhe : une contestation qui menace l’équilibre politique au sein de l’Union sacrée

Au cœur du Palais du peuple, un parfum de défiance s’installe. La pétition initiée par le député Crispin Mbindule contre Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, dépasse le simple exercice parlementaire : elle sonne comme une mise en accusation de l’un des piliers de l’Union sacrée. En dénonçant « l’opacité » de la gestion du bureau, le « mépris » à l’égard des élus et des méthodes jugées « intimidantes », l’élu de Butembo ouvre une brèche qui pourrait reconfigurer les rapports de force. Plus de deux cents signatures, affirme-t-il, auraient déjà été récoltées, signe d’un malaise latent qui s’exprime enfin au grand jour. Cette offensive vise autant un homme qu’un mode de gouvernance, accusé de réduire la chambre basse à une chambre d’enregistrement. Mais derrière la bataille de procédures, c’est l’équilibre institutionnel lui-même qui vacille : à l’heure où Félix Tshisekedi appelle à l’unité nationale, la contestation interne contre le numéro deux de l’État risque d’alimenter de nouvelles turbulences dans une République déjà fragilisée.

Le climat politique à l’Assemblée nationale reste tendu à la suite de l’initiative du député national Crispin Mbindule. L’élu de Butembo (Nord-Kivu) maintient sa pétition contre le président de l’institution, Vital Kamerhe, qu’il accuse d’« opacité dans la gestion », de « mépris » envers les députés et de pratiques assimilées à des « intimidations ». Une démarche quand bien même logique et ordinaire, mais qui risquerait dans le contexte actuel de fragiliser un équilibre déjà précaire au sein de la chambre basse du Parlement.

Selon Crispin Mbindule, le bureau dirigé par Vital Kamerhe aurait failli à sa mission de garantir la transparence et de respecter les prérogatives des députés. « Il y a de nombreuses questions orales, interpellations et motions qui ne sont pas programmées. Nous nous demandons si nous sommes venus faire du théâtre à l’Assemblée nationale ou si nous sommes venus légiférer et contrôler l’action du gouvernement », a-t-il affirmé devant la presse parlementaire.

L’élu va plus loin, estimant que le choix porté sur Kamerhe au perchoir était une erreur politique. « Vital Kamerhe se comporte comme un petit roi, un petit dictateur », dénonce-t-il, avant d’assurer que plus de 200 signatures ont déjà été recueillies pour soutenir la pétition. Une étape symbolique qui, si elle se confirmait, traduirait l’existence d’un bloc significatif d’opposition interne au sein même de l’Union sacrée, coalition au pouvoir.

Une contestation qui divise

La démarche de Mbindule n’est pas sans conséquences. Elle vient réactiver un vieux débat autour de la place et du rôle de Vital Kamerhe dans les institutions. Ancien président de l’Assemblée nationale entre 2006 et 2009, puis allié stratégique de Félix Tshisekedi dans l’Union sacrée, il avait fait son retour au perchoir en mai 2024, après une traversée politique marquée par des revers judiciaires et des rivalités internes.

Pour ses partisans, Kamerhe reste un homme d’expérience et un artisan du consensus politique. Mais pour ses détracteurs, il incarne un fonctionnement jugé autoritaire de l’Assemblée, réduisant la marge d’initiative des députés. La pétition apparaît dès lors comme l’expression d’un malaise plus profond entre, d’une part, les élus soucieux d’affirmer leur rôle de contre-pouvoir et, d’autre part, un bureau parlementaire accusé de verrouiller l’agenda.

Une menace pour la stabilité institutionnelle

La procédure engagée par Crispin Mbindule ne garantit pas pour autant un renversement du bureau de l’Assemblée. Le règlement intérieur prévoit un processus exigeant, nécessitant des majorités qualifiées difficiles à réunir dans un contexte où les équilibres partisans restent mouvants. Mais l’initiative est révélatrice d’une défiance croissante envers le leadership de Vital Kamerhe et pose la question de la cohésion au sein de l’Union sacrée.

Au-delà du débat sur la transparence, cette pétition risque de provoquer des frictions dans l’architecture institutionnelle du pays. Alors que le président Félix Tshisekedi multiplie les appels à l’unité nationale et à la loyauté envers la République, la mise en cause du numéro deux de l’État introduit une dose d’instabilité politique. Elle pourrait ouvrir une séquence de tensions entre institutions, dans une période où le gouvernement cherche à renforcer son autorité et à mobiliser le Parlement autour des priorités nationales.
L’enjeu n’est donc pas seulement celui de la gestion interne de l’Assemblée nationale : c’est aussi celui de la préservation de l’équilibre politique, menacé par des rivalités qui, si elles s’accentuaient, risqueraient d’affaiblir la solidité de l’État face aux multiples crises auxquelles la RDC est confrontée.

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