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29 avril, 2026 - 07:09:24
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Patrick Muyaya : « Les éléments sont réunis pour reconnaître les génocides en RDC »

À Genève, la République démocratique du Congo a imposé sa voix sur la scène internationale. Patrick Muyaya, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, y a présenté le bilan d’une mission décisive au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, centrée sur la reconnaissance des génocides dans l’Est du pays. « Bien au-delà du génocide, c’est la question d’abord des victimes », souligne-t-il, rappelant le rôle clé du FONAREF dans cette démarche. À travers un side event scientifique et documenté, le gouvernement congolais a démontré l’intention délibérée de cibler certaines communautés, citant les massacres de Rutshuru et les analyses de Human Rights Watch, tout en déconstruisant les multiples prétextes avancés par Kigali pour justifier son occupation : retour de réfugiés, discours de haine, présence des FDLR. « Vous n’allez pas ramener les réfugiés dans des zones où il y a la guerre », insiste-t-il, rappelant que la RDC a toujours été un pays où la diversité et la cohabitation pacifique entre communautés sont la norme. Patrick Muyaya dénonce également la tentation de mettre sur un même pied d’égalité les FARDC et le M23 : « Nos forces défendent l’intégrité territoriale, eux ne sont là que pour tuer et massacrer…» Alors que la RDC prépare sa prochaine étape à New York, l’objectif reste clair : mobiliser la communauté internationale pour faire reconnaître pleinement ces crimes et soutenir les populations victimes, confirmant la résilience et la détermination du pays sur la scène mondiale.

« D’abord, je n’ai pas envie de dire mission accomplie, mais on doit considérer que nous avons fait un pas », a déclaré Patrick Muyaya, ministre de la Communication et Médias et Porte-parole du gouvernement congolais, en évoquant la participation de la République démocratique du Congo à la 60ᵉ session du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, à Genève. Ce déplacement s’inscrivait dans le cadre d’un plaidoyer international pour la reconnaissance des génocides commis en RDC, en particulier dans l’Est du pays, et pour attirer l’attention sur les victimes, longtemps laissées dans l’ombre.

Présent lors de la clôture de l’exposition organisée à la Place des Nations, consacrée aux crimes qui continuent de ravager les territoires de l’Est, Patrick Muyaya a rappelé l’importance de ce moment : « Bien au-delà du génocide, c’est la question d’abord des victimes. C’est pour ça que le FONAREF a été créé, avec la mission d’assurer ce travail de plaidoyer. »

Un side event scientifique et documenté

Au cours du side event qui a accompagné l’exposition, la RDC a présenté un argumentaire scientifique et documenté, permettant de démontrer l’existence d’une intention délibérée d’attaquer certaines communautés. « Parfois, du fait des oublis ou de l’ignorance, ou parce qu’on ne veut pas écouter les Congolais, on refuse de reconnaître ce qui s’est passé », a souligné Patrick Muyaya. Le ministre a cité deux exemples récents, analysés par le bureau conjoint : le massacre de Rutshuru, où plus de 300 civils ont été tués, et les conclusions de Human Rights Watch sur le ciblage de l’ethnie Hutu.
« Dans un génocide, c’est d’abord une intention, une volonté, c’est le ciblage », a-t-il expliqué. « Les éléments sont réunis et personne ne peut nous dénier notre droit de le dire. »

Une victoire diplomatique pour la RDC

La participation de la RDC à Genève s’inscrit dans la continuité d’une résolution adoptée en février par tous les États membres du Conseil des droits de l’Homme. Cette résolution a permis la mise en place d’une mission d’établissement de faits, suivie désormais d’une commission d’enquête chargée d’aller dans le détail des événements. « C’était une victoire pour nous, d’obtenir pour la première fois cette commission d’enquête », s’est-il félicité.

Le ministre de l’écoute et de la parole a également salué la prise en compte de ses remarques par le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme, notamment sur la symétrie abusive parfois faite entre les forces armées congolaises et le M23, groupe armé soutenu par le Rwanda : « Nos forces défendent l’intégrité territoriale, eux ne sont là que pour tuer et massacrer. »

Déconstruire les prétextes rwandais

Patrick Muyaya a rappelé les multiples prétextes avancés par Kigali pour justifier son intervention dans l’Est de la RDC : retour de réfugiés, discours de haine, présence des FDLR. « Vous n’allez pas ramener les réfugiés dans des zones où il y a la guerre », insiste-t-il. Et de rappeler que la RDC a toujours été un pays où la diversité et la cohabitation pacifique entre communautés sont la norme : « Nous n’avons pas besoin de stigmatiser une communauté, même quand des acteurs extérieurs cherchent à l’instrumentaliser. »
Prochaine étape, New-York

La RDC entend poursuivre son plaidoyer international. « New York, c’est l’étape prévue par le FONAREF, et nous allons continuer à les accompagner », a annoncé Patrick Muyaya. Une démarche qui s’inscrit dans une stratégie plus large pour faire cesser l’occupation rwandaise de certains territoires congolais et permettre le retour sécurisé de la paix. « Le point de passage essentiel pour régler tous ces problèmes dans la durée, c’est le retrait des troupes rwandaises du sol congolais », a-t-il affirmé avec détermination.

La lutte contre le terrorisme ne faiblit pas

Alors que la RDC vient de subir un nouveau massacre dans l’Est du pays, notamment dans les territoires de Béni et de Lubero, le ministre a réaffirmé l’engagement de l’État : « Nous exprimons notre compassion et notre solidarité aux populations touchées par les ADF, un groupe terroriste affilié à l’État islamique. Nous travaillons avec les Ougandais pour traquer cette menace. »
Grâce aux récentes opérations militaires, les principales bases des ADF ont été démantelées et certains de leurs chefs neutralisés. « Malheureusement, les terroristes agissent en représailles, mais cela n’ébranle pas notre détermination », a insisté Patrick Muyaya, illustrant la résilience du gouvernement congolais face à la violence et à l’injustice.

Une RDC qui s’affirme sur la scène internationale

La mission à Genève marque un tournant dans la reconnaissance internationale des crimes commis en RDC. Elle illustre la volonté du gouvernement de faire entendre la voix des victimes et de transformer la mémoire en action politique et juridique. Comme le conclut Patrick Muyaya : « Nous sommes venus partager notre narratif, démontrer l’intention de cibler des communautés et rappeler que la paix, le respect des droits humains et la justice pour nos populations sont des priorités absolues. »
À Genève, la RDC a non seulement rappelé au monde la gravité des crimes qui frappent l’Est du pays, mais elle a également montré qu’elle est capable de se tenir debout, diplomatiquement et moralement, pour défendre ses citoyens et revendiquer justice.

Pitshou Mulumba, Envoyé Spécial à Genève

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