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Kinshasa
20 avril, 2026 - 09:06:44
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Kinshasa asphyxiée par les embouteillages : Tshisekedi impose un plan de discipline et de fluidité

À Kinshasa, chaque trajet se transforme en épreuve de patience et d’épuisement. Les embouteillages, devenus la marque quotidienne de la capitale congolaise, ne sont plus seulement un désagrément : ils grignotent la productivité, dégradent la qualité de vie et sapent la dignité d’une métropole qui veut se rêver moderne. Vendredi 19 septembre, lors de la 59ᵉ réunion du Conseil des ministres, le président Félix Tshisekedi a élevé la question de la mobilité urbaine au rang de priorité nationale. Mobiliser la police, réformer le transport collectif, discipliner taxis et motos, repenser la signalisation et s’appuyer sur des solutions technologiques : l’ensemble du gouvernement est désormais sommé de s’attaquer à ce défi. Pour le chef de l’État, restaurer la fluidité de Kinshasa, c’est rendre à la capitale son souffle vital et sa fierté retrouvée.

La circulation asphyxiée de Kinshasa, symbole d’un mal urbain qui ronge la capitale, a occupé la première place dans l’intervention du président Félix Tshisekedi devant le 59ᵉ Conseil des ministres, réuni à la Cité de l’Union africaine.

« La mobilité constitue le poumon vital d’une capitale moderne », a martelé Félix Tshisekedi, pour qui la fluidité routière n’est pas une question secondaire mais un enjeu économique, social et même national, selon le compte-rendu fait par le Porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.

En effet, chaque jour, les kilomètres d’embouteillages paralysent Kinshasa, ralentissent le commerce, fragilisent la sécurité et alimentent l’exaspération des habitants.

Le président a rappelé qu’il avait déjà, lors de la 22ᵉ réunion du Conseil des ministres en novembre 2024, insisté sur l’urgence de restaurer l’ordre sur les routes. Mais face à une situation qui ne cesse de se détériorer, il exige désormais des mesures concrètes et rapides.

Discipline renforcée et mobilisation des forces

La première ligne d’action concerne les agents de la circulation. Leur mission ne doit pas se limiter à la régulation des flux, a insisté le président, mais inclure « l’exemplarité, la rigueur et la sanction des comportements compromettant l’ordre public ». Le vice-premier ministre de l’Intérieur devra dresser un état des lieux précis sur les effectifs, la formation et l’équipement de la police de circulation, afin de renforcer sa capacité opérationnelle.
En appui, l’option est désormais ouverte de mobiliser certaines unités des forces armées aux grands carrefours et axes stratégiques. Une mesure exceptionnelle, destinée à rétablir discipline et fluidité dans une capitale en proie au chaos routier.

Transport collectif et régulation des taxis
La réforme du transport collectif figure également parmi les priorités. Le président a instruit le gouverneur de Kinshasa d’accélérer la régulation stricte des taxis et bus, d’interdire les stationnements anarchiques et de favoriser la création de parkings modernes en partenariat avec le secteur privé. Ces infrastructures devront à terme générer des ressources destinées à l’entretien urbain.

Les taxis-motos, souvent pointés du doigt pour leur anarchie, sont désormais soumis à un encadrement strict : port obligatoire du casque, identification et traçabilité des conducteurs, et interdiction d’accès au centre-ville. Leur activité sera cantonnée aux zones périphériques, afin de réduire la pression au cœur de la capitale.

Vers une gestion technologique de la circulation

La modernisation de la signalisation et la mise en place d’outils technologiques font partie du plan opérationnel confié au vice-premier ministre des Transports. Gestion intelligente des carrefours, solutions numériques de régulation et nouvelles infrastructures doivent permettre d’instaurer une circulation plus fluide et prévisible.

Félix Tshisekedi a exigé que chaque mois, un rapport circonstancié sur l’évolution de la situation soit présenté en Conseil des ministres. Une manière de s’assurer que ce dossier ne soit pas relégué au second plan mais suivi avec constance.

Pour le président de la République, restaurer la fluidité de Kinshasa, c’est plus qu’améliorer le quotidien des habitants. C’est transformer la mobilité en « vecteur de dynamisme économique, de sérénité sociale et de dignité nationale ». Un pari audacieux, à la hauteur des attentes d’une population qui ne supporte plus de voir sa capitale paralysée par le chaos routier.

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