Kinshasa a accueilli jeudi la première édition du Forum national des droits humains, un événement inédit qui marque un tournant dans la consolidation de l’État de droit en République démocratique du Congo (RDC). À l’ouverture, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a insisté sur la rigueur et l’exactitude des données concernant les génocides congolais, rappelant que seuls les services habilités sont aptes à en délivrer les chiffres et localisations. Le forum, qui rassemble pouvoirs publics, société civile et magistrature, se veut un espace de dialogue, de concertation et de construction d’initiatives pour la promotion des droits humains, la justice transitionnelle et la reconnaissance nationale et internationale du Génocost. Une dynamique saluée par le président du Sénat, Jean-Michel Sama, et appuyée par l’Assemblée nationale, le Conseil supérieur de la magistrature et la Cour constitutionnelle. Dans ce cadre, la Commission nationale des droits de l’homme appelle à une législation pour préserver la mémoire collective et la justice pour les victimes des atrocités.
La République démocratique du Congo a franchi une étape symbolique et institutionnelle majeure jeudi, avec l’ouverture de la première édition du Forum national des droits humains, au Palais du Peuple de Kinshasa. L’événement, organisé par le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a rassemblé la Première Ministre Judith Suminwa, les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, la magistrature et de nombreux acteurs de la société civile.
Dans son allocution, Samuel Mbemba a rappelé les fondements universels des droits humains, citant l’Article 1er de la Déclaration universelle des droits de l’homme et soulignant que liberté et égalité constituent le socle de toute fraternité et paix durable. Il a toutefois dénoncé le décalage entre textes et réalités, en évoquant les 10 millions de Congolais victimes de violences, parmi lesquels des femmes violées, des enfants orphelins et des personnes handicapées par les conflits.
Sur la question sensible des génocides congolais, le ministre a été catégorique : « Les chiffres ne doivent pas être laissés au bon vouloir de chacun. Seuls les services habilités sont appelés à donner les chiffres et les endroits où ont été commis les génocides dans le pays ». Cette précision vise à encadrer le plaidoyer pour la reconnaissance nationale et internationale du #Génocost, initiative portée par le Président Félix Tshisekedi et soutenue par la Première Ministre.
Reconnaissance nationale et internationale du Génocost
Le président du Sénat, Jean-Michel Sama, a salué cette démarche : « Nous saluons les efforts du Chef de l’État pour l’appropriation nationale et la reconnaissance internationale du #Génocost. Un appel à un diagnostic lucide sur la situation des droits de l’homme a été lancé, pour aboutir à de meilleures résolutions. » De son côté, Jean-Claude Tshilumbayi, président intérimaire de l’Assemblée nationale, a annoncé qu’une résolution parlementaire visait à faire connaître ces génocides aux instances nationales et internationales, soulignant qu’il est « plus que temps que le génocide congolais ne reste pas méconnu ».
La magistrature a également pris la parole pour rappeler son rôle de garant des droits humains. Dieudonné Kamuleta, président de la Cour constitutionnelle et du Conseil supérieur de la magistrature, a insisté sur le rôle de la justice comme sentinelle : « La constitution de la RDC consacre au magistrat le rôle de l’administration d’une justice juste, le respect du prévenu et du tribunal compétent ainsi que la publicité des procès. »
Enfin, Paul Nsapu, président de la Commission nationale des Droits de l’homme, a appelé le Parlement à adopter une loi spécifique pour la reconnaissance du Génocost, soulignant l’importance de préserver la mémoire collective des drames vécus à Mwenga, Kasika, Makobola, Kamituga, Kishishe, Tingi Tingi ou Rutshuru.
Pour Samuel Mbemba, ce forum ne se limite pas à un lieu de rencontres : il s’agit d’un espace stratégique de concertation entre pouvoirs publics et société civile, afin d’élaborer des recommandations claires pour la justice transitionnelle et le plaidoyer pour la reconnaissance des génocides. « Je vous invite au sens élevé du patriotisme et vous souhaite plein succès à ce forum dont les recommandations guideront nos actions communes », a-t-il conclu.
À travers cette initiative, la RDC affirme sa détermination à traduire les principes universels des droits humains en actions concrètes, alliant mémoire, justice et législation, et offrant au pays une feuille de route claire pour consolider son État de droit.
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