Il parle sans détour, avec le ton d’un homme qui croit au retour de la souveraineté nationale par la force. Willy Mishiki, député national et candidat à la présidence de l’Assemblée nationale, estime que « récupérer Goma, c’est facile ». Invité du magazine TOP 7 sur Top Congo, il a affirmé que les Wazalendo, ces forces d’autodéfense populaires qui soutiennent l’armée congolaise (FARDC), « sont déjà à Goma » et n’attendent « que le mot d’ordre » pour agir. Derrière la formule guerrière, un message politique : pas de dialogue tant qu’un seul soldat étranger reste sur le sol congolais. Dans un contexte où la question sécuritaire domine tous les débats, Mishiki choisit la voie de la fermeté et du patriotisme affirmé, dénonçant la présence rwandaise dans l’Est et appelant à une reconquête stratégique et durable.
Invité du magazine TOP 7 sur Top Congo, Willy Mishiki n’a pas mâché ses mots. « Corneille Nangaa est devenu agité. Les Wazalendo sont à Goma. Ils attendent le mot d’ordre pour récupérer la ville », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « Nous survolons désormais l’espace aérien de Goma et Bukavu. C’est facile de récupérer Goma. »
Pour l’élu de Walikale (Nord-Kivu), cette confiance repose sur la montée en puissance des Wazalendo, ces groupes de résistance populaire aux côtés des FARDC face aux forces du M23 soutenues par l’armée rwandaise. Mishiki y voit la preuve d’un sursaut national et d’une coordination nouvelle entre l’armée et la population.
« Pas de dialogue sous occupation étrangère »
Mais au-delà de la rhétorique militaire, c’est une ligne politique ferme que trace Willy Mishiki. « L’Union sacrée n’ira pas au dialogue aussi longtemps qu’il y aura des troupes étrangères sur le sol congolais », a-t-il martelé. En posant ce préalable, il s’inscrit dans le camp de ceux qui rejettent toute négociation tant que la souveraineté n’est pas rétablie.
Selon lui, « le point chaud » reste la présence des militaires rwandais en territoire congolais : « Aussi longtemps qu’ils ne quitteront pas la RDC, il n’y aura pas de paix. Et on a compris qu’ils doivent quitter de force. » Cette déclaration s’inscrit dans la ligne dure défendue par plusieurs figures politiques et militaires à Kinshasa, lassées des cycles de cessez-le-feu non respectés. Le message de Willy Mishiki s’adresse autant à l’intérieur qu’à l’extérieur : il veut rassurer sur la détermination de Kinshasa, tout en rappelant aux partenaires internationaux que la souveraineté ne se négocie pas.
Reste à savoir comment cette fermeté s’articulera avec la réalité du terrain. Si « récupérer Goma » peut sembler, selon lui, une question de volonté, maintenir la ville et y restaurer durablement l’État est une autre bataille : celle de la stabilité, de la reconstruction et du retour des civils.
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