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Kinshasa
15 décembre, 2025 - 02:26:46
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Haut-Katanga : le gouverneur Jacques Kyabula éclaboussé par des soupçons de détournements massifs

L’ombre d’une vaste affaire de corruption plane sur le Haut-Katanga. Jacques Kyabula, le gouverneur, est au centre d’accusations récurrentes portant sur des détournements de fonds publics, des marchés surfacturés et des montages financiers opaques. Les soupçons refont surface alors que plusieurs enquêtes indépendantes, relayées dans la presse locale, révèlent des flux financiers suspects et des contrats publics entachés d’irrégularités. Selon ces sources, un transfert d’environ 36 millions de dollars américains aurait été effectué en juillet 2025 vers un compte personnel de M. Kyabula à une banque sud-africaine via une société intermédiaire chargée du recouvrement de péages et redevances provinciales. Des fonds qui, selon les enquêteurs, seraient issus du trésor provincial. Aucun audit officiel n’a pour l’heure confirmé ces allégations, mais les montants évoqués suscitent l’indignation d’une partie de la société civile katangaise.

Les accusations visent également plusieurs projets d’infrastructures routières à Likasi, Kambove et Mokambo. Des entreprises de construction, parfois présentées comme des sociétés chinoises auraient remporté des marchés publics en l’absence de matériel propre et sans investissement initial. Les contrats, selon les documents consultés par la presse, prévoyaient des coûts moyens de 1,4 million de dollars par kilomètre, alors que les travaux étaient sous-traités à d’autres sociétés pour environ 700 000 dollars. Des membres de la famille Kyabula figureraient au sein des conseils d’administration de ces entreprises, ce qui interroge sur de possibles conflits d’intérêts.

Opacité dans la gestion des péages

Les mêmes sources évoquent des irrégularités dans la gestion des recettes issues des péages provinciaux. À Lukangaba et Sakanya, des ponts bascules auraient été installés par des entreprises privées, avec perception directe de redevances sans traçabilité ni autorisation formelle de la province. Les montants encaissés ne seraient jamais apparus dans les comptes publics, en violation des contrats de concession.

Le maïs de la discorde

Un autre dossier trouble concerne l’achat de farine de maïs. En octobre 2024, la province aurait contracté un prêt de 5 millions de dollars auprès d’une banque en RDC pour financer un contrat passé avec une société dénommée Fish Eagle Limited. Cette dernière, sans adresse connue en RDC, aurait encaissé la totalité du montant sans livrer la marchandise promise.

De même, en 2023, un projet d’achat d’intrants agricoles pour la culture de 20 000 hectares de maïs aurait été réduit à 7 000 hectares, tandis que près de 7 millions de dollars auraient disparu après révision des contrats.

Vers des poursuites judiciaires ?

L’ensemble de ces révélations, si elles venaient à être confirmées par la justice, dessinent le portrait d’une administration provinciale minée par les détournements et les pratiques clientélistes. Plusieurs juristes et acteurs de la société civile appellent désormais à la saisine du parquet général pour enquêter sur ces soupçons.
Dans l’entourage de l’ancien gouverneur, on évoque une « campagne de déstabilisation politique » orchestrée par ses adversaires.

Mais à Lubumbashi, beaucoup estiment que l’heure est venue d’exiger des comptes. « Les routes construites avec l’argent du peuple se sont transformées en chemins de corruption », résume un militant associatif. Pour nombre d’observateurs, le dossier Kyabula cristallise les dérives d’une gouvernance locale encore peu contrôlée, où la frontière entre le pouvoir politique et les intérêts privés demeure floue.

MeliBo (CP).

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