Au moment où le monde semble vaciller entre le retour des autoritarismes et les tentations populistes, Berlin a accueilli du 7 au 9 novembre l’assemblée générale du World Liberty Congress, forum international des activistes et intellectuels engagés pour la démocratie. Venus d’Afrique, d’Europe et d’Amérique, des représentants de la société civile ont confronté leurs expériences sur les menaces qui pèsent sur les libertés publiques. Parmi eux, une délégation congolaise particulièrement active : celle du mouvement citoyen Pacte-R, menée par Carbone Beni, réélu au leadership council du Congrès mondial de la liberté. Son intervention, centrée sur la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo, a trouvé un large écho, révélant combien la question congolaise dépasse désormais les frontières nationales. À Berlin, la RDC n’était pas seulement représentée : elle s’est fait entendre.
Sous les voûtes modernistes du centre de conférences de Berlin, les débats du World Liberty Congress ont pris cette année une résonance particulière. Les guerres, les dérives sécuritaires et les restrictions d’expression qui s’étendent dans plusieurs régions du monde ont rappelé, selon les organisateurs, « l’urgence d’une solidarité internationale des forces démocratiques ». Pour la délégation congolaise, l’enjeu allait au-delà du plaidoyer : il s’agissait de montrer que la voix du Congo peut peser dans la redéfinition des luttes pour la liberté.
« Notre participation n’était pas symbolique », confie Albert Kafumvu, membre du Pacte-R et de l’Iconia Institute. « Elle a consisté à soutenir la réélection de Carbone Beni et à défendre une résolution sur la fin du conflit dans l’Est du pays ». Cette démarche, adoptée par l’assemblée, appelle à un dialogue inclusif en RDC, condition préalable à une paix durable et à la consolidation démocratique.
Réélu avec 45 voix sur 50 votants au leadership council du WLC, Carbone Beni, figure du mouvement citoyen Pacte-R, a insisté sur « la responsabilité des États et des sociétés civiles africaines à inventer une démocratie qui protège ses citoyens ». Une position saluée par plusieurs délégations africaines, notamment du Ghana et du Nigeria, qui y ont vu le signe d’une maturation politique du militantisme congolais.
Une touche politique ferme
Le World Liberty Congress, fondé à la suite des révoltes arabes, se veut un contrepoids aux puissances qui restreignent la liberté d’expression sous couvert de stabilité. À Berlin, les délégués ont pointé les risques d’une « démocratie sous tutelle » dans plusieurs pays africains. En réaffirmant la souveraineté démocratique du Congo et la nécessité d’un État de droit ancré dans la justice sociale, les activistes congolais ont ainsi pris position dans un débat global sur la reconquête des libertés.
Dans un monde traversé par le doute, Berlin aura rappelé une évidence : la liberté ne se négocie pas, elle se défend. Et désormais, la voix congolaise s’invite pleinement à cette défense.
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