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Kinshasa
14 décembre, 2025 - 18:39:26
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Accord de Doha : Kinshasa et l’AFC/M23 tracent enfin un chemin vers la paix

À Doha, où la médiation qatarie s’emploie depuis des mois à convaincre les protagonistes de l’Est congolais de rompre avec le cycle des offensives, le gouvernement de la RDC et la rébellion de l’AFC/M23 ont signé, samedi 15 novembre, un accord-cadre qui, sans être un texte final, fixe pour la première fois une méthode, un calendrier et des engagements clairs pour parvenir à un accord de paix global. Le document balise l’ensemble des sujets à négocier : du cessez-le-feu permanent aux arrangements sécuritaires, du retour des déplacés à la justice transitionnelle et réaffirme l’obligation pour les parties de libérer les prisonniers et de consolider la trêve conclue ces derniers mois. À défaut de consacrer la paix, l’accord pose les fondations d’une sortie maîtrisée du conflit et engage les camps rivaux à transformer, enfin, les avancées diplomatiques en résultats concrets sur le terrain.

Le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23 ont signé, samedi 15 novembre à Doha, un accord-cadre destiné à structurer les prochaines étapes d’un processus de paix encore fragile mais désormais balisé. Ce document, obtenu sous la médiation de l’État du Qatar, ne constitue pas un accord de paix en soi. Il établit toutefois la méthodologie, l’ordre des discussions et les obligations de suivi d’un dialogue qui doit conduire à un texte global dans les semaines à venir.

Selon plusieurs sources proches du processus, les deux délégations ont confirmé leur volonté de stabiliser un cessez-le-feu permanent et d’accélérer la libération des prisonniers, conformément aux mécanismes déjà paraphés en septembre et octobre 2025. Le texte prévoit l’élaboration de plusieurs protocoles thématiques, encore en négociation, portant notamment sur l’accès humanitaire, les arrangements sécuritaires et le DDR, la restauration de l’autorité de l’État, le retour des déplacés, la relance économique et la justice transitionnelle.

Ces protocoles devraient constituer les chapitres d’un futur accord de paix.

Un cadre méthodique pour sortir du cycle de violences

L’accord-cadre insiste sur plusieurs priorités structurantes : la résolution des causes profondes du conflit, la lutte contre les discriminations, le renforcement de l’unité nationale et la construction d’une gouvernance inclusive. Ces éléments constituent, selon les médiateurs, les lignes directrices indispensables à toute sortie durable de crise.

La signature intervient après un sixième round de discussions entamé le 14 octobre dernier, au cours duquel les parties avaient validé la mise en place d’un mécanisme conjoint de vérification du cessez-le-feu. Cette avancée diplomatique reste toutefois fragilisée par les accusations mutuelles de violations de la trêve sur le terrain, alors que les combats se poursuivent sporadiquement dans plusieurs zones du Nord-Kivu.

Pour Kinshasa, représenté par Sumbu Sita Mambu, comme pour l’AFC/M23, incarné par Benjamin Mbonimpa, l’enjeu est désormais de traduire les engagements de Doha en résultats concrets : faire taire les armes, garantir la protection des populations et créer les conditions d’une reprise de contrôle effective de l’État dans les zones affectées.

La médiation qatarie estime que les deux semaines à venir seront décisives. Les protocoles doivent être négociés, rédigés puis validés avant l’élaboration de l’accord final. Pour la première fois depuis la reprise des hostilités en 2022, un cadre clair et partagé existe. Reste à vérifier si les parties transformeront cette architecture diplomatique en véritable dynamique de paix durable.

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