76.44 F
Kinshasa
17 juillet, 2026 - 23:22:30
Image default
ÉditoFlash InfosLa une

La transparence ou rien [Edito]

À Genève, Judith Suminwa n’a pas tourné autour du sujet. Elle l’a imposé. La traçabilité des minerais est désormais au cœur du débat international. Fini les faux-semblants. Fini les discours creux. La Première ministre congolaise a choisi la clarté : sans transparence, pas de paix ; sans contrôle, pas de développement.

Le contexte est brutal. Dans l’Est de la RDC, la contrebande alimente les groupes armés, assèche les finances publiques et nourrit une guerre qui dure depuis trop longtemps. Les minerais stratégiques, arrachés au sol congolais, traversent les frontières par des circuits parallèles qui profitent à tous, sauf au pays qui les produit. Cette réalité, longtemps tolérée, doit cesser. Et c’est précisément ce que Judith Suminwa est venue dire, frontalement, aux géants miniers et aux acheteurs internationaux.

Sa position est simple : le Congo ne quémande plus. Le Congo exige. La souveraineté économique n’est plus un slogan, mais une stratégie. Elle s’appuie sur un principe clair : tracer chaque gramme de minerai, du site d’exploitation jusqu’à l’exportation. Pas pour plaire. Pour survivre. Pour reconstruire les Kivus. Pour financer le plan urgent de cinq milliards de dollars annoncé par le président Félix Tshisekedi.

Le gouvernement congolais affirme aussi une vérité que beaucoup préféraient ignorer. Les standards internationaux existent, certes. Mais ils sont contournés. Affaiblis. Vidés de leur force. « Il est temps de mettre fin à l’hypocrisie », rappelle le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba. Le mot est juste. Il claque. Il expose les responsabilités de chacun.

À Genève, la RDC a rappelé que la paix ne se décrète pas : elle se construit. Et elle se finance. Les minerais doivent servir l’État, pas l’inverse. Ils doivent enrichir les communautés, pas des réseaux criminels. Ils doivent nourrir l’économie nationale, pas la guerre. C’est cette équation que Judith Suminwa a posée devant le monde.

La diplomatie économique congolaise change de ton. Elle assume sa fermeté. Elle assume ses exigences. Elle assume sa place dans la chaîne mondiale des minerais critiques. Le message est clair : la RDC ne veut plus être le chaînon faible. Elle veut être le chaînon maître.

Reste maintenant aux partenaires de répondre. Non par des promesses, mais par des engagements vérifiables. La RDC a fait son choix : la transparence ou rien. À la communauté internationale de montrer qu’elle aussi est prête à rompre avec des décennies de complaisance.

La balle n’est plus à Kinshasa. Elle est à Genève. Et à ceux qui prétendent vouloir un approvisionnement responsable.

Infos27

ça peut vous intéresser

Laisser un Commentaire

Infos27.CD utilise des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En Savoir Plus