Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale a annoncé, lundi, à Kinshasa, le lancement d’une vaste campagne de vaccination contre la rougeole, la rubéole et la poliomyélite, visant près de 17 millions d’enfants. En choisissant de débuter dans sept provinces particulièrement exposées, les autorités entendent non seulement endiguer les flambées récurrentes mais aussi réaffirmer leur engagement à moderniser la prévention, après des années de retards structurels et de vulnérabilités épidémiques. Une opération de santé publique majeure, menée comme un test politique : celui de la capacité de l’État à protéger, de manière égale, les enfants du pays.
La République démocratique du Congo a engagé lundi une opération sanitaire d’une ampleur rare. Devant la presse, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Roger Samuel Kamba, a annoncé le lancement officiel de la campagne de vaccination contre la rougeole et la rubéole, accompagnée d’un nouveau déploiement contre la poliomyélite. Objectif : atteindre environ 17 millions d’enfants âgés de six mois à quatorze ans sur l’ensemble du territoire.
« Cette campagne contre la rougeole et la rubéole va progressivement toucher toutes les provinces, mais on commence par 7 provinces, à savoir le Bas-Uélé, le Haut-Uélé, l’Ituri, le Tanganyika, le Haut-Lomami, le Lualaba et le Haut-Katanga, pour couvrir à peu près 17 millions d’enfants », a déclaré le ministre.
Un choix stratégique, alors que ces provinces font partie des zones les plus exposées aux flambées épidémiques en raison de la mobilité des populations, des failles dans la surveillance et des difficultés logistiques persistantes.
Un acte de santé publique… et un signal politique
Au-delà de l’enjeu médical, Kinshasa assume désormais une communication plus ferme face aux épidémies qui fragilisent régulièrement le pays. En front commun avec ses partenaires techniques, le gouvernement veut démontrer sa capacité à anticiper plutôt qu’à réagir dans l’urgence. La vaccination de masse apparaît ainsi comme un test de crédibilité institutionnelle, dans un contexte où l’accès aux soins reste profondément inégal selon les provinces.
Cette campagne doit également permettre de renforcer la couverture vaccinale nationale, longtemps en dessous des recommandations internationales. Les autorités espèrent réduire significativement la mortalité infantile due aux maladies évitables, avec un message central : aucun enfant, qu’il vive à Kisangani, Manono ou Kolwezi, ne doit rester hors du radar de la prévention.
Pour le ministère de la Santé, l’enjeu est clair. En combinant la lutte contre la rougeole, la rubéole et la poliomyélite, le pays mise sur une approche intégrée, plus efficace et plus proche des communautés. Sur le terrain, équipes mobiles, relais communautaires et structures sanitaires seront mobilisés pour assurer une couverture maximale.
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