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1 juin, 2026 - 23:10:18
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Louis Watum détaille sa feuille de route pour « casser le cliché » de la misère autour des mines

Dans un secteur minier longtemps miné par l’opacité, les accidents à répétition et l’emprise d’intérêts privés, Louis Watum veut imposer un changement de méthode. En présentant, jeudi 27 novembre, les conclusions d’une mission de contrôle menée dans le Grand Katanga, le ministre des Mines a dévoilé les lignes de force d’une réforme qui se veut à la fois technique et politique : transparence renforcée, lutte contre la fraude, encadrement strict de l’artisanat, mais aussi souveraineté retrouvée sur l’exploration géologique grâce aux compétences congolaises. Dans un exercice de redevabilité rare, marqué par les récits des incidents environnementaux du CDM et du drame du Lualaba, le ministre assume une ligne ferme : des sanctions, des réformes et la fin de l’impunité. Un cap qui entend replacer les communautés locales et l’État au cœur d’un secteur stratégique pour l’avenir du pays.

Le ministre congolais des Mines, Louis Watum, a défini jeudi 27 novembre les priorités qui guideront « la nouvelle dynamique » qu’il entend insuffler à un secteur minier aussi vital que fragile. Au cours d’un briefing spécial, il a présenté les conclusions de la mission de contrôle qu’il vient de mener dans l’espace Grand Katanga, une région qui concentre l’essentiel de la production nationale mais aussi ses plus graves dysfonctionnements.

Dès l’entame, le ministre a affiché la couleur : « La première des priorités, c’est de renforcer la gouvernance, la bonne gouvernance et la traçabilité. Mais aussi de lutter contre la fraude minière et d’encadrer l’artisanat minier comme il se doit. » Pour lui, la transparence demeure la condition sine qua non pour restaurer la confiance, sécuriser les chaînes d’approvisionnement et améliorer les recettes publiques.

Une doctrine plus ferme : souveraineté minière et fin de l’impunité

Au cœur de son intervention, Louis Watum a plaidé pour le retour de l’expertise congolaise dans l’exploration géologique, un domaine largement dominé par les bureaux étrangers. « Il faut mettre des moyens dans l’exploration, mais cette fois avec des géologues congolais. Donnons-leur les fonds nécessaires. Ils n’ont pas peur d’aller au fond du pays ; il faut leur donner les moyens », a-t-il insisté. Une orientation qui s’inscrit dans une volonté affirmée de renforcer la souveraineté nationale sur la connaissance du sous-sol.

Le ministre a également annoncé des réformes « courageuses » visant à permettre aux Congolais de devenir actionnaires des grands projets miniers. « Il est temps que les communautés locales participent au capital. Depuis cent ans de mining en RDC, les sites miniers sont des îlots de prospérité entourés d’un océan de misère. Il faut casser ce cliché », a-t-il martelé.

La mission dans le Grand Katanga aura mis en lumière un autre défi : l’application stricte des normes environnementales. Concernant le débordement du bassin de rétention du CDM, Louis Watum décrit un tableau sombre : « Un constat de mépris des normes élémentaires. » Une commission d’enquête a été instituée : « Les responsabilités seront établies, et les sanctions suivront. La société devra réparer les dégâts, dédommager les victimes et payer les travailleurs durant les trois mois de suspension que j’ai décidée. »

Des drames humains qui poussent à l’action

Le ministre est également revenu sur le drame du Lualaba, où plusieurs jeunes ont perdu la vie dans un éboulement. « C’est une vraie tragédie. Ces jeunes sont nos enfants », a-t-il déclaré, précisant que le président Tshisekedi avait personnellement suivi la situation et demandé que « tout soit fait » pour prévenir de nouveaux accidents. Les enquêtes suivent leur cours : « Aucun officier, aucun cadre, provincial ou national, ne sera épargné. Personne n’est au-dessus de la loi. »

Un agenda chargé pour une réforme attendue

Au terme de près de trois mois à la tête du ministère, Louis Watum assure vouloir transformer ces constats en mesures concrètes. Les conclusions de la mission dans le Grand Katanga devraient être suivies d’un renforcement des capacités de l’administration minière, d’un contrôle accru sur les sites et d’un élargissement des enquêtes à d’autres zones sensibles.

« Ce n’est pas une chasse à l’homme, c’est une responsabilité », conclut-il. L’ambition est claire : bâtir un secteur minier plus transparent, plus compétitif et réellement bénéfique pour les communautés locales comme pour l’État congolais.

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