Il aura suffi de quarante-deux jours de surveillance stricte pour que la République démocratique du Congo tourne la page d’une nouvelle épidémie d’Ebola. Le gouvernement a officiellement déclaré, lundi 1ᵉʳ décembre, la fin de la flambée qui avait touché le Kasaï, scellant un succès sanitaire obtenu grâce à une riposte rapide, coordonnée et solidement ancrée dans l’expertise congolaise. Au-delà des chiffres, cette victoire consacre un modèle d’efficacité où chercheurs, personnels soignants, institutions publiques et autorités politiques ont avancé de concert. En honorant le professeur Jean-Jacques Muyembe et en annonçant la création d’un prix dédié à l’innovation en santé, Kinshasa rappelle que la lutte contre Ebola repose désormais sur un héritage scientifique national reconnu à l’international. À l’heure où les défis sanitaires se multiplient, cette sortie de crise apparaît comme un signal d’espérance et de résilience.
La République démocratique du Congo a officiellement mis fin, lundi 1ᵉʳ décembre 2025, à l’épidémie d’Ebola détectée dans la province du Kasaï. Le gouvernement, réuni autour de la Première ministre Judith Suminwa, a annoncé la clôture des opérations de surveillance, après quarante-deux jours sans nouveau cas depuis la rémission du dernier patient enregistré le 19 octobre.
Une séquence qui marque un accomplissement majeur pour un système de santé longtemps confronté à d’importantes contraintes logistiques et humaines. « Aujourd’hui, nous sommes là pour annoncer la fin de l’épidémie… Nous avons acquis de l’expérience de plusieurs épidémies », s’est réjoui le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Bolamba. Il a salué l’engagement des équipes médicales, mais aussi celui des chercheurs dont l’apport a été décisif.
Le ministre a tenu à rappeler le rôle « central » du professeur Jean-Jacques Muyembe, pionnier de la lutte contre le virus. « Grâce à lui, nous avons non seulement le diagnostic et les médicaments contre Ebola, mais aussi énormément de chercheurs capables de travailler même en son absence », a-t-il souligné. En hommage à cette contribution scientifique, le gouvernement a annoncé la création du Prix Jean-Jacques Muyembe, destiné à récompenser les chercheurs, soignants et acteurs communautaires engagés contre les épidémies.
Un leadership politique assumé
Le succès de la riposte est également revendiqué par l’Institut national de santé publique (INSP). Son directeur général, le Dr Dieudonné Mwamba Kazadi, a évoqué « une immense joie » au moment d’annoncer la victoire sur la 16ᵉ épidémie d’Ebola, la première depuis la création de l’INSP. Il a insisté sur la coordination gouvernementale et sur le « leadership visionnaire » du président Félix Tshisekedi, relayé par la Première ministre Judith Suminwa. Selon lui, la rapidité de la maîtrise de la maladie — « une semaine pour contrôler l’épidémie » — illustre la maturité croissante du dispositif national.
Le virus Ebola reste pourtant redoutable. Très contagieux, il se transmet par contact direct avec les liquides biologiques de personnes infectées ou décédées. Mais les avancées scientifiques, l’existence d’un vaccin fiable et la professionnalisation des équipes de terrain permettent aujourd’hui d’éviter les flambées de grande ampleur observées par le passé.
Avec cette déclaration officielle, la RDC entre dans une nouvelle phase : celle du renforcement durable de la surveillance, de la prévention et de la recherche. Cette victoire sanitaire, en résonance avec le pilier gouvernemental consacré à l’accès universel aux soins, représente aux yeux de Kinshasa une preuve de résilience nationale et de capacité d’anticipation face aux crises futures.
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