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Kinshasa
10 mars, 2026 - 23:19:20
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Justice énergétique, FC en hausse, SMIG relevé et électrification accélérée : Tshisekedi dévoile un cap social et économique fondé sur des résultats mesurables 

C’est un message résolument économique et social que Félix Tshisekedi a livré devant le Congrès : la République doit transformer la stabilité macroéconomique en gains tangibles pour les ménages. En inscrivant la « justice énergétique », la baisse du prix à la pompe, la remontée du franc congolais (+29 %), la hausse du SMIG à 21 000 CDF et la politique d’électrification au rang de priorités, le président place la redistribution et l’emploi au cœur du projet national. Le « Village des opportunités » et les mesures en faveur des jeunes illustrent une volonté d’intervention publique ciblée ; la modernisation du cadastre minier et l’appui aux filières agricoles montrent la direction d’une économie plus diversifiée. Reste la question clé que le chef de l’État lui-même formule en filigrane : ces progrès doivent être mesurables et perceptibles. Le défi désormais est d’ancrer ces annonces dans le quotidien : salaires, services, mobilité, pour que la croissance se traduise enfin en mieux-être partagé.

Le discours prononcé lundi par Félix Tshisekedi au Palais du Peuple a donné une tonalité résolument économique à l’exercice annuel : bilan chiffré, annonces sociales et feuille de route pour 2026. À rebours d’un discours purement symbolique, le chef de l’État a mis l’accent sur des indicateurs précis et sur des mesures destinées à toucher directement le pouvoir d’achat et les conditions de vie des Congolais.

« Notre économie n’a pas cédé, elle a progressé », a affirmé le président, mettant en avant une résilience macroéconomique que viennent illustrer plusieurs chiffres : une inflation ramenée à 2,5 % en rythme annuel à fin octobre 2025, une appréciation d’environ 29 % du franc congolais par rapport au dollar et des réserves de change proches de 7,4 milliards USD. La croissance, estimée à 5,6 %, et une balance des biens excédentaire sont présentées comme la contrepartie d’une politique budgétaire et fiscale plus rigoureuse.

« Le combat pour le pouvoir d’achat n’est pas théorique »

Sur le plan social, le président a multiplié les engagements concrets. Il a revendiqué la baisse du prix de l’essence à la pompe, instrument clé pour réduire le coût du transport et assuré : « Notre combat pour le pouvoir d’achat n’est pas théorique. Nous n’allons pas nous arrêter là. » La revalorisation du SMIG à 21 000 CDF dès janvier 2026 constitue l’un des gestes les plus visibles : une mesure destinée à traduire la stabilité macroéconomique en revenus plus sûrs pour les salariés.

Le « Village des opportunités » de Kinshasa a servi d’exemple opérationnel : selon le président, plus de 12 000 jeunes y ont trouvé un espace d’orientation ; plus de 2 000 ont été formés, 235 stages offerts, plus d’une cinquantaine de recrutements réalisés et plus de 30 jeunes sélectionnés pour des financements. Ces chiffres, modestes au regard des besoins, témoignent d’une volonté d’action ciblée sur l’employabilité.

Le discours a aussi insisté sur la transformation sectorielle : modernisation de la gouvernance minière, soutien à la production vivrière via le FOREC, et programmes agricoles massifs destinés à réduire la dépendance aux importations. « Nos ressources doivent devenir un moteur d’industrialisation, d’emplois et de justice sociale », a déclaré le président, liant la gouvernance des minerais à une stratégie industrielle et sociale.

Infrastructures, énergie et services : priorité à la tangibilité

Sur l’électricité et l’eau, le chef de l’État a présenté des avancées chiffrées : accès à l’électricité porté à 21,5 % en 2025 et un objectif de 62 % d’accès d’ici 2030 dans le cadre du Compact énergétique. Ces annonces s’accompagnent d’investissements dans les centrales (G25, G24), la remise en service d’équipements et des études pour la production locale de panneaux solaires. Sur l’eau, une politique nationale vise à porter l’accès à 70 % d’ici 2028 grâce à un mix de réseaux urbains, forages et mini-réseaux ruraux.

Le président a également détaillé des chantiers de transport et de logistique : routes de desserte agricole, rail, ports — présentés comme essentiels pour réduire les coûts logistiques et rendre les mesures sociales plus efficaces.

Un cap, mais des marges de manœuvre restent à convertir

Le ton du discours est politiquement ferme : il affirme un cap et réclame de la redevabilité. En multipliant les chiffres et les annonces concrètes, Félix Tshisekedi a voulu que l’action publique soit jugée sur des résultats mesurables. Toutefois, l’écart entre les déclarations et leur réalisation demeure l’enjeu principal. Les annonces sur le SMIG, l’électrification, l’emploi des jeunes et la baisse du prix de l’essence devront désormais être traduites en calendriers d’exécution, budgets et mécanismes indépendants de suivi.

Le président l’a rappelé lui-même : la croissance n’a de sens que si elle se ressent dans le panier du consommateur et la vie quotidienne. À cette condition que les chiffres deviennent palpables : la trajectoire économique et sociale esquissée dans ce discours pourra véritablement transformer la stabilité retrouvée en progrès partagé.

Infos27

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