Sous pression face à l’afflux de produits importés qui bouleversent les équilibres du marché, le gouvernement congolais active une nouvelle ligne de défense économique. Réuni autour du vice-Premier ministre chargé de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, le Comité de suivi des prix a décidé, mardi à Kinshasa, de la création d’une taskforce dédiée au renforcement des industries locales, en particulier agroindustrielles. L’exécutif, confronté à la hausse du coût de la vie et aux limites d’un appareil productif fragilisé, mise sur un faisceau de mesures : allégement ciblé de la TVA sur les produits de première nécessité, clarification de l’application du SMIG et appui direct aux entreprises nationales pour regagner des parts de marché. Derrière ces ajustements techniques se joue une bataille plus large : protéger le tissu industriel congolais face à une concurrence régionale de plus en plus agressive et affirmer une souveraineté économique mise à l’épreuve.
La pression exercée par les produits importés sur le marché congolais s’est invitée au centre de la réunion trimestrielle du Comité de suivi des prix, tenue mardi 9 décembre 2025 à Kinshasa. Autour du vice-Premier ministre en charge de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, les participants ont examiné l’état de la compétitivité nationale et les marges de manœuvre possibles pour soutenir les industries locales.
Selon le communiqué publié à l’issue des travaux, trois dossiers majeurs ont structuré les discussions : la fragilité des entreprises agroindustrielles face aux importations croissantes, l’allégement de la TVA tel qu’inscrit dans le projet de loi de finances 2026, et les modalités pratiques de mise en œuvre du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG).
Le ministre a confirmé que des avancées techniques sont en cours pour adapter la fiscalité sur les produits de première nécessité. « L’allégement de la TVA doit contribuer à soulager les ménages sans étouffer l’appareil productif », a-t-il indiqué, tout en soulignant la nécessité d’un cadre harmonisé pour l’application du SMIG, dans un contexte où les entreprises plaident pour une transition progressive.
Face à la montée des importations, en particulier en provenance des pays voisins de la sous-région, le Comité a arrêté une mesure phare : la mise en place d’une taskforce chargée de formuler, dans un délai resserré, des propositions « concrètes et opérationnelles » pour renforcer le secteur agroindustriel. Cette équipe devra travailler sur la compétitivité, les coûts de production, la logistique d’acheminement et les instruments de protection du marché.
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