Six jours après la signature de l’accord de Washington, censé ouvrir une brèche dans l’escalade régionale, le régime de Kigali a choisi de le saboter. À Uvira, les frappes ciblées venues du Rwanda ne sont pas des « incidents » : elles relèvent d’une entreprise organisée de déstabilisation. Drones suicides contre des centres de santé, bombardements sur des hameaux sans défense, exode de plus de 200 000 personnes : tout indique une stratégie conçue pour humilier les garants internationaux et briser la confiance patiemment construite.
Ce qui se joue dépasse largement le Sud-Kivu. En reniant ouvertement l’accord qu’il venait de signer, Kigali révèle que sa diplomatie n’était qu’un décor. À la duplicité succède une mise en scène assumée de rupture. En défiant Donald Trump et l’administration américaine, le Rwanda engage un bras de fer risqué avec ceux qui l’ont longtemps soutenu. L’attaque d’Uvira n’est pas une erreur : c’est un message.
Face à cette fuite en avant, la RDC se distingue par sa constance. Kinshasa a tenu ses engagements, respecté le cadre fixé et maintenu le dialogue, même lorsque Kigali œuvrait à le miner. Cette discipline diplomatique, parfois mal comprise, a désormais un mérite décisif : elle expose la manœuvre rwandaise et renforce la légitimité congolaise.
L’heure n’est plus au langage poli. Les opérations du M23 et du RDF constituent une offensive planifiée pour remodeler la carte sécuritaire de l’Est. Les frappes contre les civils, les déplacements forcés et les armes destinées à terroriser les populations dessinent un système de domination par la peur. Le Rwanda ne cherche plus à influencer la région : il en empoisonne les équilibres.
Pour la RDC, l’enjeu est double : défendre son territoire et dévoiler, sans vaciller, la mécanique d’ingérence qui étouffe toute perspective de paix. La mobilisation nationale et la solidarité envers les déplacés forment un socle que rien ne doit fissurer.
Mais la charge ne peut reposer sur Kinshasa seule. En piétinant l’accord de Washington, Kigali a tourné le dos à ceux qui l’ont parrainé. Il appartient aux États-Unis et à leurs partenaires de transformer l’indignation en action. Sauver l’accord sans exiger de comptes reviendrait à cautionner l’aventure guerrière du Rwanda.
Le moment est décisif. Si la communauté internationale recule, elle légitimera la loi du plus fort. Si elle se montre ferme, une stabilité durable redevient possible. La RDC a choisi son camp : celui du droit et de la souveraineté. À Washington et ailleurs d’en faire autant.
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