Dans une tribune sans détour, Jean Chrysostome Kambale Munighi, chercheur en sciences politiques à l’Université de Goma, démonte méthodiquement le discours de l’AFC–M23, qu’il décrit comme un mouvement armé sans légitimité, animé par des intérêts privés et instrumentalisé par le Rwanda. Alors que les combats se poursuivent dans l’est de la RDC, il défend l’idée que les replis stratégiques des FARDC relèvent d’un choix responsable, centré sur la protection des civils, face à une force dont l’avancée s’accompagne systématiquement d’exactions, de déplacements forcés et de prédation économique. En rappelant que les populations fuient à chaque arrivée de l’AFC–M23, l’auteur souligne l’ampleur du rejet populaire et appelle à déconstruire, avec rigueur, les narratifs de “libération” diffusés par les rebelles. Dans un contexte où Kigali continue de soutenir ce mouvement en violation du droit international, sa tribune met en lumière l’enjeu central : protéger les Congolais, dénoncer les ingérences et refuser toute normalisation de la violence comme mode de contrôle territorial.
Ci-dessous l’intégralité de la Tribune
TRIBUNE LIBRE
« 𝗟𝗲𝘀 𝗿𝗲𝗽𝗹𝗶𝘀 𝘀𝘁𝗿𝗮𝘁é𝗴𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗙𝗔𝗥𝗗𝗖 𝗻𝗲 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝘂𝗻 𝘀𝗶𝗴𝗻𝗲 𝗱𝗲 𝗳𝗮𝗶𝗯𝗹𝗲𝘀𝘀𝗲 »
Ce qu’il faut savoir des prétendus « libérateurs » de l’AFC–M23
1. Un mouvement rebelle aux méthodes terroristes
Opérations violentes, attaques ciblant des civils, intimidation des populations : leurs actions parlent d’elles-mêmes.
2. Zéro légitimité populaire
Aucune base sociale, aucune demande citoyenne, aucun mandat : la population les rejette partout où ils passent.
3. Une force instrumentalisée par l’étranger
Un mouvement soutenu par le Rwanda dans une logique d’agression, de prédation des richesses congolaises et de balkanisation sous le fallacieux prétexte de fédéralisme.
4. Un leadership animé par la rancœur personnelle
Corneille Nangaa (Photo) lui-même a reconnu à Goma qu’il agit par frustration après la perte de sa mine : un agenda privé, pas un projet national.
5. Partout où ils avancent, les civils paient le prix fort
Massacres, exécutions sommaires, disparitions : la population est systématiquement prise pour cible, en particulier les femmes et enfants utilisés comme bouclier humain et les esclavages sexuelles.
6. Des déplacements massifs de population
À chaque arrivée de l’AFC–M23, des milliers de familles fuient, preuve claire que ce mouvement n’inspire ni confiance ni sécurité.
7. Une crise humanitaire aggravée
Les populations privées d’accès à l’eau, aux soins, aux écoles, aux marchés : tout s’effondre sous leur occupation, plongeant les communautés dans la détresse.
8. Un agenda de pillage organisé
Exploitation minière illégale, taxation forcée, spoliation des terres : leur objectif réel est l’enrichissement illicite, pas la libération.
9. Une communication manipulatrice pour masquer leurs crimes
Ils fabriquent des récits de « libération », alors que leurs actes démontrent un mépris total pour la vie humaine et la souveraineté nationale.
10. Face à eux, les FARDC privilégient la vie des civils
Les replis stratégiques des FARDC ne sont pas un signe de faiblesse mais un choix responsable pour éviter un bain de sang, préserver les familles et préparer des contre-offensives mieux coordonnées, pendant que l’AFC–M23, lui, massacre sans retenue et en toute irresponsabilité.
Jean Chrysostome Kambale Munighi, chercheur en sciences politiques à l’Université de Goma

