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Kinshasa
10 mars, 2026 - 22:41:11
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Bourse Mulan : Pékin renforce son engagement éducatif en RDC et distingue 24 étudiantes de l’UNIKIN

Directe, la cérémonie n’a laissé aucune place au doute : à l’Ambassade de Chine à Kinshasa, la cinquième édition de la Bourse Mulan s’est affirmée comme un instrument majeur de diplomatie éducative entre Pékin et Kinshasa. En mettant en lumière l’excellence académique de 24 étudiantes, l’initiative portée par l’ambassade Zhao Bin va bien au-delà d’un appui financier : elle assume une vision, un engagement politique en faveur de l’égalité des chances et du rôle des femmes dans le développement national. L’ambassadeur Zhao Bin a défendu une coopération « humaine, durable et ambitieuse », annonçant l’augmentation du nombre de bourses dès 2026. Face à lui, la représentante des lauréates a rappelé l’impact concret de ce soutien, appelant à la création d’un réseau des anciennes boursières. L’enseignement supérieur congolais, secoué par les défis socio-économiques, voit dans cette bourse une marque d’opportunité et d’ouverture internationale. L’émotion s’est mêlée à une certaine gravité politique : les jeunes femmes entendent porter plus haut la part qui leur revient dans l’avenir du pays.

L’Ambassade de Chine en République démocratique du Congo a vibré, jeudi 11 décembre, au rythme d’une cérémonie plus politique qu’il n’y paraît : la remise de la quatrième Bourse Mulan, un programme destiné à soutenir les étudiantes les plus méritantes de l’Université de Kinshasa. Vingt-quatre lauréates, sélectionnées parmi les meilleurs profils académiques, ont été récompensées sous le regard du Recteur de l’UNIKIN, du Comité de gestion et de plusieurs doyens.

« Comme l’a dit le président Mao Zedong, les femmes portent la moitié du ciel », a rappelé l’ambassadeur Zhao Bin, dans un discours mettant en avant la place centrale des femmes dans le développement chinois. Il a cité les « accomplissements historiques » de son pays en matière d’autonomisation féminine, mentionnant la réduction de la pauvreté, l’innovation technologique et la participation croissante des femmes dans l’économie.

Une diplomatie éducative assumée

Au-delà des chiffres, le message politique s’est voulu limpide : Pékin entend renforcer sa présence dans le secteur éducatif congolais, en ciblant les jeunes femmes, considérées comme un relais stratégique. « L’année prochaine, l’Ambassade de Chine augmentera le nombre et le montant de la Bourse Mulan », a assuré Zhao Bin, ajoutant que les étudiantes inscrites en langue chinoise seraient prioritaires.

Le diplomate a également replacé l’initiative dans un contexte international marqué par le Sommet mondial des Femmes organisé en octobre à Beijing. Le président Xi Jinping y avait annoncé plusieurs engagements majeurs : 10 millions de dollars supplémentaires à l’ONU Femmes, 100 millions pour des projets destinés aux filles et femmes, 1 000 micro-projets sociaux et la formation de 50 000 femmes dans les cinq prochaines années.

Investir dans les étudiantes, a-t-il souligné, c’est investir dans la stabilité, la modernisation et l’ouverture du pays.

Le message du Recteur : rigueur, ambition et responsabilité

Le Recteur de l’Université de Kinshasa, le professeur Jean-Marie Kayembe Ntumba, a tenu à rappeler la dimension symbolique de cette collaboration. S’adressant aux lauréates, il a insisté sur la portée de l’opportunité qui leur était offerte :

« Le pays que vous allez découvrir, c’est un pays de bâtisseurs, de travailleurs, de rigueur et qui investit beaucoup dans la recherche. Soyez nos ambassadrices et battez-vous pour contribuer à bâtir un pays plus beau. »

Ses mots ont résonné comme un appel à la responsabilité, mais aussi comme une projection vers un avenir où l’excellence académique et la coopération internationale deviennent des leviers concrets de transformation nationale.

La voix des lauréates : gratitude et ambition collective

Devant le diplomate, la représentante des boursières, Asha Victoria Basemenane, a délivré un message empreint d’optimisme et d’engagement. « Nous ne célébrons pas seulement une bourse académique : nous célébrons l’espoir, la vision et l’investissement dans le potentiel de la jeune femme congolaise », a-t-elle déclaré.

Elle a rappelé le rôle structurant du programme : « Ce soutien arrive à un moment crucial et aura un impact réel, profond et durable. »

Elle a également plaidé pour la création d’un Réseau des Boursières Mulan, qui rassemblerait entrepreneures, chercheuses et professionnelles congolaises afin de renforcer la solidarité entre les bénéficiaires et de prolonger l’impact de la bourse.

Un marqueur politique dans un contexte universitaire sous tension

Dans un système universitaire marqué par les inégalités d’accès et la pression économique, la Bourse Mulan devient un signal politique et un levier de stabilité. L’UNIKIN, confrontée à une massification rapide de son public, voit dans cette initiative un moyen de soutenir les étudiantes les plus vulnérables et de stimuler l’excellence.

Pour Pékin, cette politique s’inscrit dans une stratégie de coopération « tous azimuts », qui englobe l’éducation, la culture, la science et la technologie. Pour Kinshasa, elle représente une rare opportunité de renforcer l’émancipation féminine à un moment où la place des jeunes femmes dans l’espace public devient une priorité nationale. « Que vous deveniez des contributrices à l’amitié sino-congolaise et au co-développement de nos deux pays », a conclu l’ambassadeur Zhao Bin, sous des applaudissements nourris. À l’évidence, l’objectif semble déjà en marche.

Pitshou Mulumba/Richard Ngapi

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