Le redémarrage s’est joué sur le tarmac. Mercredi 24 décembre, à l’aéroport international de N’djili, l’arrivée d’un Embraer E-190 de 97 places a marqué un tournant pour Congo Airways. Accueilli par un salut au canon à eau, l’appareil immatriculé 2-RLCA incarne une relance attendue après des mois d’immobilisation. L’opération, financée par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), actionnaire de la compagnie, s’inscrit dans une stratégie d’investissement public assumée, recommandée par les instances panafricaines de sécurité sociale et validée au plus haut niveau de l’État. Au-delà du symbole, l’E-190 pose les bases d’un redéploiement économique : reconnecter le territoire, sécuriser les flux de passagers, restaurer la crédibilité opérationnelle. Deux autres appareils sont attendus à brève échéance. La compagnie nationale vise une relance progressive, sous contrainte de gouvernance et de rentabilité, dans un marché aérien régional compétitif.
L’appareil en provenance de Toulouse a été accueilli à Aéroport international de N’djili par les dirigeants de la compagnie, de l’Autorité de l’aviation civile, de la CNSS et par un représentant du ministère du Portefeuille. Le rituel du canon à eau a scellé un message : Congo Airways reprend de l’altitude.
Dans une allocution sobre mais appuyée, le président du conseil d’administration, Jean‑Bertrand Ewanga, a parlé d’un « tournant historique » après plus de huit mois d’arrêt, saluant une « coopération intelligente entre institutions publiques ».
Investissement public, discipline privée
L’acquisition est portée par la CNSS, conformément aux recommandations de la CIPRES et de l’AISS : diversifier les placements pour garantir la pérennité des régimes sociaux face aux mutations du travail. Le choix de l’aérien est politique et économique. Politique, car validé sur instruction du président Félix Tshisekedi. Économique, parce qu’il vise un actif productif, capable de générer des flux et d’accélérer l’intégration nationale.
Le message interne est clair : gouvernance rigoureuse, transparence, ponctualité. « La relance appelle discipline et professionnalisme », a insisté la direction.
Pourquoi l’Embraer E-190

Fabriqué par Embraer, l’E-190 (ERJ-190) est un biréacteur régional taillé pour les liaisons courtes et moyennes. Deux moteurs General Electric CF34. Vitesse de croisière : 870 km/h (470 kts). Plafond : FL410. Autonomie : environ six heures pour près de 4 500 km.
Configuré à 97 sièges (classe unique), l’appareil opère sur des pistes courtes, dessert des aéroports secondaires et optimise les coûts au siège. Un choix rationnel pour un réseau domestique étendu et fragmenté.
Un deuxième E-190 est attendu le 28 décembre, le troisième suivra. Objectif : relancer progressivement les liaisons, restaurer la fiabilité, puis élargir l’offre. Congo Airways se définit comme un « outil d’intégration nationale ». L’équation est exigeante : couvrir le territoire tout en maîtrisant les charges.
Le « léopard volant », selon la formule reprise au tarmac, devra désormais prouver qu’il sait courir vite… et longtemps.
Infos27

