Près de neuf ans après l’assassinat des experts des Nations unies au Kasaï, la question de la justice reste entière. Dans un communiqué publié mardi, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH-RDC) remet la pression sur l’appareil judiciaire congolais et appelle à un verdict « juste et crédible », à la hauteur de la gravité des faits. Au-delà du sort judiciaire des accusés, l’institution souligne l’enjeu politique et moral d’un dossier devenu emblématique : celui de la capacité de l’État congolais à rompre avec l’impunité, à garantir la vérité et à restaurer la confiance dans ses institutions.
La Commission nationale des droits de l’homme de la RDC a réitéré son appel en faveur d’un verdict « juste et crédible » dans le dossier des meurtres des experts onusiens assassinés en mars 2017 au Kasaï, au centre de la République démocratique du Congo.
Dans un communiqué signé par son président, Paul Nsapu, l’institution publique d’appui à la démocratie insiste sur la nécessité d’identifier et de sanctionner l’ensemble des responsables impliqués dans l’assassinat de Zaida Catalán et Michael Sharp, deux membres du Groupe d’experts des Nations unies chargés d’enquêter sur les violences dans la région.
La CNDH rappelle que l’enjeu dépasse le strict cadre judiciaire. Il s’agit, selon elle, de garantir un verdict qui établisse la vérité des faits, reconnaisse toutes les responsabilités — directes comme indirectes et offre des garanties de crédibilité tant aux familles des victimes qu’à l’opinion nationale et internationale.
Un signal attendu par la communauté internationale
Sans commenter directement le fond des procédures en cours, la Commission met en avant la portée symbolique de ce procès, suivi de près par les partenaires internationaux de la RDC. Pour les défenseurs des droits humains, ce dossier est devenu un marqueur de la capacité de l’État congolais à juger des crimes graves impliquant des acteurs armés, mais aussi d’éventuelles complicités institutionnelles.
L’institution appelle ainsi les juridictions compétentes à se hisser à la hauteur des attentes, dans un pays où les procès liés aux violences armées ont longtemps été critiqués pour leur caractère partiel ou incomplet.
En filigrane, l’appel de la CNDH-RDC sonne comme un rappel politique : sans justice crédible, aucune réconciliation durable n’est possible. Près d’une décennie après les faits, le dossier des experts onusiens reste l’un des plus sensibles de l’histoire judiciaire récente du pays. Le verdict à venir est désormais perçu comme un test décisif pour l’État de droit congolais et pour la promesse, souvent réaffirmée, de rompre avec la culture de l’impunité.
Infos27

