La reprise est encadrée, ciblée et provisoire. Dans un communiqué publié lundi 5 janvier, le ministère des Mines annonce la levée « partielle et momentanée » de la suspension des activités minières de traitement et de commercialisation de la filière cuivre-cobalt, décidée le 19 décembre dernier à l’échelle nationale. La mesure concerne exclusivement la province du Lualaba, cœur stratégique de la production minière de la République démocratique du Congo. Elle intervient à l’issue des travaux préliminaires d’une commission ministérielle chargée d’évaluer la conformité des entités de traitement aux exigences techniques, administratives et de traçabilité. Pour les autorités, il s’agit d’éviter l’asphyxie économique locale tout en maintenant la pression réglementaire sur un secteur clé des recettes nationales, au moment où Kinshasa cherche à assainir durablement la chaîne d’approvisionnement minière.
La décision marque un infléchissement prudent, mais assumé. Le ministère des Mines a annoncé la levée partielle et temporaire de la suspension des activités de traitement et de commercialisation de la filière cupro-cobaltifère dans la province du Lualaba, au sud-est du pays. La mesure, prise par le ministre des Mines Louis Kabamba Watum, ne s’applique ni à l’ensemble du territoire national ni à toutes les entités concernées.
Selon le communiqué officiel, cette décision s’inscrit dans le prolongement des conclusions préliminaires d’une commission ministérielle mise en place après l’arrêté du 19 décembre 2025, qui avait ordonné la suspension générale des activités minières de traitement de la filière cuivre-cobalt. L’objectif affiché était alors de procéder à un contrôle de conformité des entités opérant dans un secteur stratégique, mais souvent critiqué pour ses failles en matière de traçabilité et de gouvernance.
Une reprise strictement encadrée
La levée annoncée reste conditionnelle. Elle concerne uniquement les entités de traitement localisées dans le Lualaba, autorisées à recevoir les minerais issus des sites artisanaux légaux ou tolérés, sous l’encadrement des services provinciaux compétents. Chaque opérateur recevra, dans un délai de 72 heures, une notification individuelle détaillant les exigences à satisfaire.
Le communiqué précise que ces mesures d’accompagnement visent la correction des irrégularités administratives, techniques et de traçabilité relevées lors des inspections. Les sanctions prévues en cas de non-conformité restent en vigueur, conformément au Code et au Règlement miniers. Certaines entités, dépourvues de documents techniques jugés probants, demeurent exclues du dispositif et devront se présenter devant la commission à Lubumbashi pour faire valoir leurs éléments.
Préserver l’économie sans renoncer au contrôle
Sur le plan économique, la décision traduit un arbitrage délicat. Le Lualaba concentre une part majeure de la production nationale de cuivre et de cobalt, des minerais au cœur des chaînes de valeur mondiales de l’énergie et des technologies. Une suspension prolongée aurait pesé lourdement sur l’emploi local, les recettes provinciales et les flux d’exportation.
Pour autant, le ministère insiste sur le caractère non définitif de la mesure. La levée totale de la suspension demeure conditionnée à la régularisation effective de chaque entité de traitement. Le ministre rappelle que cette démarche s’inscrit dans la feuille de route de la Commission nationale de lutte contre la fraude minière, visant à assainir la chaîne d’approvisionnement tout en respectant les standards internationaux de diligence raisonnable.
En filigrane, Kinshasa tente de concilier deux impératifs souvent antagonistes : sécuriser les revenus miniers et restaurer la crédibilité réglementaire d’un secteur stratégique. La reprise partielle au Lualaba apparaît ainsi moins comme un recul que comme un test grandeur nature de la capacité de l’État à réguler sans paralyser. La suite dépendra, désormais, de la conformité des opérateurs et de la rigueur du contrôle public.
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