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9 mars, 2026 - 07:01:50
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Procès du général Yav : la Haute Cour militaire rendra sa décision sur la liberté provisoire le 20 janvier

Le calendrier judiciaire est désormais fixé. Accusé de trahison et d’incitation à l’indiscipline militaire, le lieutenant-général Philémon Yav devra attendre le 20 janvier pour connaître la décision de la Haute Cour militaire sur sa demande de liberté provisoire. Au cœur de l’audience, close mardi à Kinshasa, une ligne de fracture nette : d’un côté, une défense qui dénonce une détention prolongée, assimilée à une peine anticipée, et invoque l’urgence médicale ; de l’autre, un parquet militaire inflexible, convaincu qu’une remise en liberté ferait peser un risque majeur de fuite et fragiliserait l’instruction. Au-delà du sort individuel de l’ancien chef militaire, la Cour est appelée à arbitrer entre respect des droits fondamentaux et impératifs de sécurité judiciaire, dans un dossier hautement sensible pour l’institution militaire et l’État de droit.

Le dossier avance, sans se dénouer. Mardi 6 janvier 2026, la Haute Cour militaire a clôturé les débats sur la demande de mise en liberté provisoire introduite par le Philémon Yav, ancien commandant de la 3ᵉ Zone de défense et ex-chef des opérations militaires au Nord-Kivu. La décision est attendue le 20 janvier, après mise en délibéré.

À l’audience tenue à Kinshasa, les avocats du prévenu ont plaidé un mémoire unique, centré sur l’état de santé jugé critique de leur client. « Il s’agit de protéger la santé de la personne que vous jugez », a fait valoir la défense, sollicitant une libération à titre conservatoire. Les conseils ont également soutenu que le refus de soins spécialisés constituerait une atteinte grave aux droits fondamentaux, rappelant que le général aurait disposé d’une autorisation officielle pour se rendre à l’étranger afin de se faire soigner.

Détention contestée, parquet inflexible

En argument subsidiaire, la défense a attaqué la régularité même de la procédure. Elle conteste la validité d’un mandat d’arrêt émis en 2022 et souligne la durée de la détention préventive, supérieure à trois ans. Une situation assimilée à l’exécution anticipée d’une peine, en contradiction, selon elle, avec le principe constitutionnel faisant de la liberté la règle et de la détention l’exception. Les avocats ont invoqué les articles 17 et 19 de la Constitution, rappelant le droit à un procès équitable dans un délai raisonnable et la présomption d’innocence.

Face à eux, le parquet militaire a opposé une fin de non-recevoir sur le fond. Représenté par le lieutenant-général magistrat Lucien René Likulia Bakumi, le ministère public a estimé que les moyens soulevés, bien que recevables en la forme, ne résistaient pas à l’analyse juridique. La libération du prévenu ferait peser, selon lui, un risque sérieux de fuite et compromettrait la poursuite sereine de l’instruction.

Clôturant l’audience, le premier président de la Cour, le lieutenant-général magistrat Joseph Mutombo Katalayi Tiende, a acté la fin des débats et annoncé la date du verdict intermédiaire. Le 20 janvier, la Haute Cour militaire devra trancher : accorder une liberté provisoire au nom de l’humanité et du droit, ou maintenir la détention au nom de la prudence judiciaire et de la sécurité de l’instruction.

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