Les équilibres institutionnels de l’Afrique centrale se redessinent loin des projecteurs. À Malabo, la République démocratique du Congo participe, du 16 au 17 janvier, aux travaux préparatoires de la IXᵉ session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC). Un rendez-vous technique en apparence, mais hautement politique dans ses enjeux. Au cœur des discussions : la validation et la finalisation de la liste des personnalités appelées à diriger la Commission de l’organisation sous-régionale. En envoyant son ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, Kinshasa entend peser sur une séquence décisive pour la gouvernance de la CEEAC, dans un contexte régional marqué par les crises sécuritaires et les recompositions diplomatiques.
Arrivé jeudi dans la capitale équato-guinéenne, Floribert Anzuluni représente la RDC à ces travaux préparatoires, conçus comme une étape de mise au point avant la session extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement. « Ces travaux permettront de valider et de compléter la liste des personnalités devant diriger la Commission de la CEEAC », a-t-il indiqué, soulignant le caractère structurant de ces échanges.
Derrière l’exercice administratif, se joue en réalité la future orientation politique et opérationnelle de l’organisation. La composition de la Commission conditionne en effet la capacité de la CEEAC à répondre aux défis persistants de la sous-région : intégration économique inachevée, coordination sécuritaire fragile, crédibilité institutionnelle parfois mise à l’épreuve.
La RDC dans le jeu régional
Pour Kinshasa, la participation à ces travaux s’inscrit dans une stratégie plus large de réaffirmation sur la scène régionale. La RDC, acteur central de l’Afrique centrale par sa géographie et son poids démographique, cherche à influencer les mécanismes décisionnels des organisations dont elle est membre.
En prenant part activement à la préparation de la IXᵉ session extraordinaire, la délégation congolaise entend défendre une gouvernance de la CEEAC jugée plus efficace et plus en phase avec les réalités des États membres. Un signal politique discret, mais clair : l’intégration régionale ne se décrète pas, elle se construit aussi dans ces arènes techniques où se dessinent les rapports de force.
À Malabo, les discussions se veulent feutrées. Leurs conséquences, elles, pourraient peser durablement sur l’avenir institutionnel de l’Afrique centrale.
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