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10 mars, 2026 - 23:32:38
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RDC : le ministère des Droits humains saisi du dossier Ilemo Mosenzo après une vidéo virale

L’image a choqué. Après la diffusion massive sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant un homme à la silhouette ravagée, se présentant comme détenu sans jugement depuis plusieurs mois, le ministère congolais des Droits humains est sorti de sa réserve. Dans un communiqué publié vendredi, les autorités affirment suivre et documenter depuis décembre 2025 le dossier d’Ilemo Mosenzo Nzuzu, rappelant les principes cardinaux de l’État de droit : la présomption d’innocence et la liberté comme règle durant le procès pénal. Au-delà du cas individuel, l’affaire met en lumière une tension récurrente entre discours institutionnel et pratiques judiciaires dénoncées par l’opinion. Elle pose une question centrale : celle de l’effectivité des garanties fondamentales face à l’arbitraire présumé, dans un pays où la détention préventive demeure un angle mort du système judiciaire.

Le ministère congolais des Droits humains affirme avoir pris le dossier en main bien avant qu’il ne s’impose à l’opinion publique. Selon un communiqué publié vendredi 16 janvier sur le compte X du ministère, le cas d’Ilemo Mosenzo Nzuzu est « suivi et documenté depuis le 20 décembre 2025 ».

Une précision destinée à répondre à l’émotion suscitée par une vidéo devenue virale cette semaine. On y voit un homme en état de dénutrition avancée, visiblement très affaibli, affirmant avoir été détenu pendant cinq mois dans un cachot (un « amigo ») sans avoir été entendu par un magistrat.

Selon son propre témoignage, son incarcération ferait suite à un incident en apparence mineur : avoir, avec son tricycle, dépassé l’escorte d’un général dont il ne cite pas le nom. Un récit brut, sans preuves judiciaires à ce stade, mais suffisamment troublant pour relancer le débat sur les abus présumés de la détention préventive.

La liberté comme principe, la détention comme exception

Dans son communiqué, le ministère rappelle les fondements juridiques censés encadrer toute procédure pénale en RDC. « La liberté de la personne poursuivie demeure le principe et la privation de liberté l’exception », souligne le texte, invoquant la Constitution, les lois nationales et les instruments internationaux ratifiés par le pays.

Le ministère va plus loin, qualifiant toute atteinte à ce principe de « violation des droits et libertés fondamentaux ». Un message politique clair, adressé en creux aux autorités judiciaires, invitées à observer avec rigueur la présomption d’innocence et l’un de ses corollaires majeurs : la liberté durant le procès pénal.

Reste désormais à savoir si cette prise de position institutionnelle se traduira par des actes concrets. Dans l’opinion, la vidéo d’Ilemo Mosenzo a déjà laissé une trace durable, rappelant que, en matière de droits humains, le fossé entre les textes et les réalités demeure un terrain hautement sensible.

Infos27

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