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15 mai, 2026 - 14:31:28
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RDC : la guerre peut-elle suspendre le calendrier électoral ? Un universitaire relance le débat

La phrase est brutale. Et politiquement explosive. « Il ne faut plus penser aux élections. » En pleine guerre dans l’Est, alors que des territoires restent sous occupation armée, un universitaire congolais remet frontalement en cause le calendrier démocratique. Pour Albert Kabasele Yenga Yenga, la priorité n’est plus aux urnes mais à la survie de l’État. Le raisonnement est assumé : tant que la menace sécuritaire persiste, toute élection serait illusoire. Le propos va plus loin encore, jusqu’à envisager une réécriture constitutionnelle. En filigrane, une question lourde : la guerre peut-elle justifier la suspension durable du jeu démocratique ? Entre impératif sécuritaire et principe constitutionnel, le débat s’ouvre, clivant, au moment où la RDC cherche à stabiliser son territoire sans fragiliser ses institutions.

La sortie a fait l’effet d’un pavé. Directeur général de l’ISPT/Kinshasa, Albert Kabasele Yenga Yenga estime que le pays n’est plus en état d’organiser des élections. « Nous sommes un pays en guerre », martèle-t-il, appelant à un recentrage des priorités nationales sur la sécurité et l’intégrité territoriale.

Son raisonnement s’articule autour d’un constat : l’Est reste sous pression militaire, avec des zones occupées. Dans ces conditions, soutient-il, « on ne peut pas aller aux élections avec des parties du pays occupées ». La comparaison est internationale : « Est-ce qu’il y a un projet d’élections en Ukraine ? » interroge-t-il, pour justifier un gel du processus électoral tant que la guerre perdure.

Sécurité contre démocratie : une ligne de fracture

Au cœur de son propos, un soutien sans détour au chef de l’État. « Tant que Paul Kagame est à Kigali, nous devons garder Félix Tshisekedi à Kinshasa », affirme-t-il, décrivant le président congolais comme engagé dans une lutte existentielle pour « protéger le Congo ». La formule est volontairement radicale. Elle vise à mobiliser, notamment « tous les universitaires congolais », autour d’un front intellectuel de guerre.

La thèse va jusqu’à poser la question d’un maintien du chef de l’État au-delà des deux mandats constitutionnels, voire d’une nouvelle Constitution. Une proposition qui heurte de plein fouet l’architecture institutionnelle actuelle et ravive les craintes d’un glissement politique.

Le débat est désormais posé. D’un côté, l’argument sécuritaire, réel, documenté, pressant. De l’autre, le principe démocratique, socle de la légitimité de l’État. La guerre impose des arbitrages. Reste à savoir jusqu’où. En RDC, la ligne entre nécessité exceptionnelle et précédent durable n’a jamais été aussi fine.

Infos27/Parole Écrite 

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