La violence n’accorde aucun répit. À Lubero, au nord du Nord-Kivu, la peur s’installe à mesure que les attaques se multiplient et que les villages se vident. En une semaine, des dizaines de familles ont fui, des civils ont été tués, des maisons incendiées. Dans cette zone au relief escarpé et aux routes incertaines, l’ennemi frappe vite et disparaît. Face à cette pression, les Forces armées de la République démocratique du Congo resserrent l’étau, appuyées par leurs partenaires régionaux. Le défi est double : contenir l’activisme des ADF et protéger des populations déjà éprouvées. Derrière les communiqués et les opérations, se joue un équilibre fragile entre urgence sécuritaire, réponse humanitaire et réaffirmation de l’autorité de l’État. Lubero devient ainsi l’un des théâtres où se mesure la capacité de l’État à tenir le terrain, malgré la complexité d’une guerre asymétrique.
Le territoire de Lubero, dans la province du Nord-Kivu, connaît une recrudescence d’attaques attribuées aux Allied Democratic Forces (ADF). En l’espace d’une semaine, au moins vingt civils ont été tués dans les groupements Mwenye, Manzia et Bapakombe. Les survivants fuient. Les villages se vident.
Dans la nuit du 20 janvier, une nouvelle incursion a été signalée à Mavwe-Mavwe, dans la chefferie des Baswagha. Des habitations ont été incendiées, prolongeant la panique. L’attaque est survenue alors que six victimes des tueries précédentes venaient d’être inhumées à Tomboleya, dans le secteur des Bapere, après avoir été retrouvées par des jeunes volontaires. Le deuil, ici, n’a pas le temps de s’achever.
La société civile locale tire la sonnette d’alarme. Par la voix de Paluku Kimbere Bienheureux, elle affirme que plusieurs villages sont désormais presque déserts. Le conseil de la jeunesse de Mwenye condamne les violences et appelle à une meilleure collaboration entre communautés et services de sécurité, plaidant pour un partage accru des informations et une vigilance de proximité.
Pression militaire, urgence humanitaire
Sur le terrain, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par l’Uganda People’s Defence Force (UPDF), ont renforcé leurs opérations. Des positions ont été consolidées sur des axes jugés stratégiques afin de contenir l’activisme des groupes armés et de sécuriser les populations civiles. Les contraintes sont lourdes : mobilité des assaillants, densité forestière, terrain accidenté.
Les déplacements vers Cantine et Mangurejipa aggravent la crise humanitaire. Les familles manquent de vivres, d’abris et de soins. La société civile exhorte les autorités et les partenaires humanitaires à accompagner l’effort militaire par une assistance immédiate aux déplacés.
Malgré les pertes et les difficultés, l’armée réaffirme sa détermination à rétablir l’autorité de l’État. Sur ces collines de Lubero, l’enjeu dépasse la riposte : il s’agit de tenir, protéger et durer.
Justin Mupanya, correspondant à Beni

