Tourner la page d’un texte vieux de plus d’un demi-siècle. À Kinshasa, le gouvernement congolais a franchi une étape clé dans la modernisation de sa politique commerciale avec la clôture de l’atelier de validation de l’avant-projet de loi sur le régime général du commerce extérieur. Porté par le ministre Julien Paluku Kahongya, le futur dispositif doit remplacer la loi de 1973, jugée obsolète, et aligner le pays sur les standards de l’Organisation mondiale du commerce et des accords régionaux. Objectif affiché : simplifier les procédures, sécuriser les échanges et renforcer la compétitivité des exportations congolaises.
La République démocratique du Congo accélère la réforme de son architecture commerciale.
Mercredi 28 janvier 2026, à Kinshasa, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a procédé à la clôture de l’atelier de validation de l’avant-projet de loi portant régime général du commerce extérieur, une étape technique et juridique destinée à moderniser un cadre réglementaire vieux de plus de cinquante ans.
Adoptée en 1973, la législation actuellement en vigueur est largement jugée inadaptée aux réalités du commerce international contemporain, marqué par la multiplication des accords multilatéraux, régionaux et bilatéraux, ainsi que par la digitalisation des procédures douanières.
Cette réforme intervient quelques mois après la ratification par la RDC de l’Accord sur la facilitation des échanges de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), en juillet dernier, un engagement qui impose aux États signataires d’harmoniser leurs normes et de simplifier leurs procédures commerciales.
Un texte pour moderniser et clarifier les règles
Selon les organisateurs, l’avant-projet intègre plusieurs innovations structurantes.
Le futur cadre juridique couvre notamment : le régime des importations, exportations et transits des marchandises et services ; les formalités et procédures administratives ; les mécanismes de conduite en douane ; la définition des compétences des acteurs publics et privés intervenant dans le commerce extérieur ; les dispositifs de protection de l’industrie nationale ; les mesures incitatives pour la promotion des exportations ; ainsi que les mécanismes de contrôle et le régime répressif en cas d’infractions.
L’objectif est double : sécuriser les échanges tout en les rendant plus fluides, afin de réduire les coûts et les délais pour les opérateurs économiques.
S’aligner sur les standards internationaux
Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse la simple mise à jour technique.
Il s’agit de positionner la RDC comme un acteur plus crédible et compétitif sur les marchés internationaux, dans un contexte d’intégration croissante aux chaînes de valeur régionales, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
À l’issue des travaux, Julien Paluku Kahongya a salué « le travail de qualité abattu par les experts venus du secteur public et du secteur privé », estimant que cette réforme permettra au pays de « s’aligner sur les standards internationaux et de mieux diversifier ses marchés ».
Selon le ministre, ce nouveau dispositif doit également offrir « plus de prévisibilité juridique aux investisseurs et aux opérateurs économiques ».
Prochaine étape : le circuit gouvernemental puis parlementaire
Techniquement validé, le texte entre désormais dans sa phase institutionnelle.
L’avant-projet sera transmis au gouvernement pour examen et adoption en Conseil des ministres, avant son dépôt au Parlement, où il devra être débattu et voté.
Si le calendrier est respecté, cette réforme pourrait constituer l’une des évolutions législatives majeures du quinquennat dans le domaine économique.
Au-delà du symbole, elle marque surtout la volonté affichée de rompre avec un cadre hérité des années 1970 pour doter la RDC d’outils plus adaptés aux exigences du commerce mondial contemporain.
Infos27

