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Kinshasa
10 juin, 2026 - 09:35:43
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Kananga : vives tensions entre taxis-motards et police autour des bus « Kabasele »

À Kananga, chef-lieu du Kasaï-Central, le climat se crispe entre conducteurs de motos-taxis et forces de l’ordre. En cause : les opérations menées par les bus de police dits « Kabasele », accusés d’interpellations arbitraies et de conduites dangereuses. Les autorités invoquent, elles, la nécessité de préserver l’ordre public et la sécurité urbaine.

Depuis plusieurs jours, la tension monte dans les rues de Kananga. Les conducteurs de motos-taxis, pilier du transport urbain local, dénoncent les méthodes des unités de police opérant à bord des bus communément appelés « Kabasele ». Des interventions jugées brutales et imprévisibles qui nourrissent un climat de méfiance croissante entre les deux camps.

Mercredi 28 janvier, plusieurs groupes de taxis-motards ont publiquement protesté contre ce qu’ils qualifient d’« arrestations arbitraires » et de « traques systématiques ». Selon eux, les contrôles se multiplient sans explications claires ni constat d’infraction formel.

Arrestations jugées abusives

Dans plusieurs carrefours stratégiques de la ville, des conducteurs affirment que des motos sont régulièrement saisies, parfois en pleine course, perturbant leur activité quotidienne.

« On nous interpelle sans nous dire notre faute. Les motos sont embarquées, et pour les récupérer, cela peut prendre des heures, parfois des jours », raconte un moto-taximan du centre-ville.

Pour ces travailleurs du secteur informel, dont les revenus dépendent du nombre de trajets effectués chaque jour, ces immobilisations représentent un manque à gagner immédiat. Dans un contexte économique déjà fragile, la pression s’accroît.

Une conduite contestée

Au-delà des interpellations, les professionnels dénoncent également le comportement routier des bus de police. Excès de vitesse, dépassements risqués, manœuvres brusques dans des zones densément peuplées : autant de pratiques qui, selon eux, mettent en danger passagers et piétons.

« Ces bus roulent parfois très vite au cœur de la ville, là où la circulation est la plus dense. C’est dangereux pour tout le monde », s’indigne un autre conducteur.

Une attitude jugée paradoxale par les usagers, alors même que ces véhicules sont censés incarner l’autorité et le respect du code de la route.

Maintien de l’ordre contre impératif de mobilité

De leur côté, les autorités sécuritaires défendent ces opérations. Elles les présentent comme nécessaires pour réguler la circulation, lutter contre les infractions et garantir la sécurité des personnes et des biens.

Mais pour plusieurs observateurs locaux, ces frictions traduisent surtout les limites de l’organisation du transport urbain à Kananga. Faute d’un réseau public structuré, les motos-taxis constituent le principal moyen de déplacement pour des milliers d’habitants. Toute entrave à leur activité affecte directement la mobilité quotidienne et, plus largement, l’économie locale.

Dans cette ville où la rue demeure le cœur de l’activité, la cohabitation entre forces de l’ordre et transporteurs informels apparaît plus que jamais comme un équilibre fragile.

Stony Mulumba, Correspondant à Kananga

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