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10 mars, 2026 - 23:38:03
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Mambasa : la CRDH alerte sur l’enracinement des ADF le long de la RN44

L’insécurité s’installe durablement dans le territoire de Mambasa. Depuis plusieurs mois, les rebelles des Allied Democratic Forces (ADF) circuleraient presque librement le long de la route nationale 44, semant la peur dans les chefferies de Walese-Karo et Walese-Dese. La Convention pour le Respect des Droits Humains (CRDH-Mambasa) dénonce une situation « alarmante », marquée par des violences contre les civils, des déplacements forcés et l’abandon progressif des activités agricoles.

La CRDH-Mambasa tire la sonnette d’alarme. Selon les données de monitoring rendues publiques jeudi 29 janvier 2026, des combattants ADF arpenteraient les forêts de la zone depuis mars 2025, soit près de dix mois, sans réelle pression des forces de sécurité.

Cette présence prolongée aurait déjà coûté la vie à plusieurs habitants. En novembre dernier, un homme et deux jeunes ont été tués par l’explosion de mines antipersonnel attribuées au groupe armé. Plus récemment, le 25 janvier, un important contingent rebelle a été signalé traversant la RN44 sur l’axe Mambasa–Isiro, au niveau du village Andikechu (PK 58), avant de se replier vers la Réserve de faune à okapis.

Quelques jours plus tard, le 29 janvier, un habitant d’Andibuta (PK 16) aurait échappé de justesse à une exécution après avoir refusé d’assumer, sous la contrainte, des fonctions coutumières imposées par les assaillants, rapporte l’organisation.

Climat de peur et exode des populations

Au fil des mois, la menace se serait étendue à de nombreuses localités riveraines de la RN44 : Andibuta, Efundu, Bamenye, Andifele, Bandeli, Bukulani, Bandikalucha, Bandikamba, Mandombe, Baombi, Bandisoli, Bamaru, Aluta, Kokora et Bandilifa.

Face aux incursions répétées, des familles ont quitté leurs villages pour se réfugier à Mambasa-centre ou à Nduye. Les agriculteurs, eux, désertent leurs champs, compromettant les récoltes et accentuant la vulnérabilité alimentaire d’une population déjà fragilisée.

Appels urgents aux autorités

La CRDH condamne une insécurité qu’elle juge persistante et appelle à une réaction rapide des autorités.

« Nous demandons que cette situation soit prise au sérieux avant que le pire n’arrive à la population », a insisté Me John Vuleveryo Musombolwa, défenseur des droits humains.

De son côté, la société civile plaide pour une restauration effective de l’autorité de l’État dans ces zones enclavées et pour des opérations de sécurisation capables d’empêcher les rebelles de continuer à circuler librement.

Justin Mupanya, Correspondant au Nord-Kivu

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