Face à la multiplication des conflits immobiliers et aux accusations récurrentes de spoliation, la justice veut passer à l’offensive. Le procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe, Jean Placide Lusamba M’Bombola, a annoncé la création d’un Détachement spécial chargé de poursuivre et réprimer les infractions foncières, particulièrement fréquentes dans les districts de Lukunga et de Funa. Dotée de magistrats, d’inspecteurs judiciaires et d’officiers de police judiciaire, cette unité élargira son action aux crimes organisés, à la corruption, au blanchiment de capitaux et au détournement de fonds publics. Présentée comme une réponse ferme à des réseaux structurés, l’initiative vise à restaurer la sécurité juridique des biens et la confiance dans l’État de droit.
Le parquet de Kinshasa/Gombe muscle sa riposte contre les crimes fonciers. Le procureur général, Jean Placide Lusamba M’Bombola, a annoncé la mise en place d’un Détachement spécial (DS), une unité judiciaire dédiée à la répression des infractions dans le domaine foncier, conformément à la décision n°0024 du 12 mai 2025.
Cette structure spécialisée a pour mission d’assurer « de manière rigoureuse et efficace » la poursuite des auteurs de spoliations et d’atteintes aux droits de propriété dans le ressort de la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe. Sa création intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des conflits immobiliers, touchant aussi bien des biens publics que privés, notamment dans les districts de Lukunga et de Funa.
Selon le procureur général, l’ampleur du phénomène exige une réponse ciblée. « Seule une action judiciaire vigoureuse est susceptible de neutraliser les réseaux organisés impliqués dans ces pratiques », a-t-il déclaré, évoquant des groupes parfois structurés en « bandes criminelles ».
Un champ d’action élargi
Au-delà des litiges fonciers, le Détachement spécial se voit confier un mandat plus large. Il sera également chargé de lutter contre les crimes organisés, la corruption, la concussion, le détournement des deniers publics, les rémunérations illicites, la traite des personnes, le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme ainsi que le trafic de drogues et de stupéfiants.
Pour mener ces missions, les magistrats affectés au sein du DS bénéficieront de l’appui d’inspecteurs judiciaires et d’officiers de police judiciaire compétents dans le ressort concerné.
Restaurer la confiance
Le parquet présente cette initiative comme un levier pour rétablir l’autorité de la loi et sécuriser les droits des citoyens. « L’action de la justice vise la répression des infractions, le rétablissement des droits violés et la réparation des préjudices subis, afin de restaurer la paix sociale et l’ordre public », rappelle le communiqué officiel.
Jean Placide Lusamba M’Bombola a, dans la foulée, invité la population à collaborer avec la justice. Les victimes sont encouragées à déposer plainte auprès du parquet pour tout cas de spoliation, de détournement, de corruption ou de blanchiment relevant de la compétence du nouveau détachement.
Dans une capitale où les contentieux fonciers alimentent tensions sociales et insécurité juridique, les autorités judiciaires espèrent que cette unité spécialisée permettra de mieux démanteler les réseaux et de renforcer l’État de droit. Reste désormais à mesurer son efficacité sur le terrain.
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