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3 février, 2026 - 23:36:39
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Doha : la RDC et l’AFC/M23 signent un mandat pour encadrer le cessez-le-feu

Un pas diplomatique de plus, sous haute surveillance. À Doha, le gouvernement congolais et l’AFC/M23 ont signé un mandat opérationnel destiné à encadrer le cessez-le-feu dans l’est du pays. Issu des instruments de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, le texte précise les modalités de vérification, les responsabilités des parties et confie le suivi à un mécanisme conjoint appuyé par la MONUSCO et facilité politiquement par l’Union africaine. Cette avancée intervient alors que la situation reste fragile, notamment autour d’Uvira, devenue point névralgique des inquiétudes sécuritaires. Pour Kinshasa comme pour les médiateurs, la crédibilité de l’accord dépendra désormais d’une application concrète sur le terrain.

Le processus de paix dans l’est de la République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape. Le gouvernement congolais et l’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars (AFC/M23) ont signé à Doha les termes de référence issus de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).

Ce mandat définit les modalités opérationnelles du cessez-le-feu, les mécanismes de vérification sur le terrain ainsi que les obligations respectives des parties.

La signature est intervenue à l’issue d’une réunion du mécanisme conjoint de suivi et de vérification du cessez-le-feu, organisée sous l’égide du Qatar.

Engagements réaffirmés

Selon le communiqué du ministère qatari des Affaires étrangères, les deux parties « ont réaffirmé leur engagement en faveur du cessez-le-feu ainsi que de l’Accord-cadre de Doha pour la paix, signé le 15 novembre 2025 ».

Elles se sont engagées à « mettre en œuvre de bonne foi l’ensemble des obligations prévues par cet accord », afin de consolider une désescalade durable.

Le suivi sera assuré par un mécanisme coordonné par la CIRGL, avec l’appui de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et sous facilitation politique de l’Union africaine.

Uvira, zone test du dispositif

Cette avancée diplomatique intervient dans un contexte sécuritaire tendu, notamment autour d’Uvira, dans le Sud-Kivu.

Ces dernières semaines, la zone a connu des mouvements de troupes, des alertes sécuritaires et des craintes d’extension des affrontements. Les médiateurs en ont fait un point de vigilance prioritaire.

Les membres du mécanisme ont chargé la MONUSCO d’y dépêcher rapidement une mission d’observation pour vérifier le respect effectif du cessez-le-feu. Des canaux de communication spécifiques ont également été mis en place afin de permettre une coordination rapide entre les parties.

Une médiation africaine au premier plan

La réunion de Doha prolonge la facilitation africaine engagée depuis Lomé. La République togolaise, désignée médiateur par l’Union africaine, a pris part aux travaux, aux côtés des États-Unis, de la MONUSCO et de la CIRGL comme observateurs.

Cette architecture diplomatique vise à préserver un leadership africain tout en mobilisant des garanties internationales pour le suivi technique et politique des engagements.

Les participants ont examiné les plans opérationnels de la MONUSCO et de la CIRGL, validé des mesures de vérification renforcée et convenu de réunions régulières pour assurer la continuité du processus.

Pour autant, plusieurs observateurs appellent à la prudence. La signature d’un mandat ne vaut pas application automatique. La crédibilité du texte dépendra de son respect sur le terrain, en particulier dans les zones sensibles.

À Doha, les engagements ont été pris. À l’est du Congo, ils restent désormais à prouver.

Infos27

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